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Projections débats : Hommes et ours

août 1, 2010

Une tournée 2010 est organisée dans le massif pyrénéen pour présenter le film documentaire « Hommes et Ours, regards croisés sur notre nature ».

Auteurs, réalisateurs : Emmanuel Martin & Frantz Breitenbach
Production : Association Altaïr Nature
Durée : 30 minutes

Qui est l’ours ? Pourquoi tant de débats et d’interrogations à son égard ? Les sentiments que l’ours inspire sont forts et les débats passionnés.

L’association Altaïr Nature donne la parole à toute une palette de personnages : des éleveurs et des bergers opposants ou favorables à l’ours, des touristes, des chasseurs, des naturalistes, des techniciens forestiers, des écologistes, des anthropologues, géographes et spécialistes culturels… Un film pour donner la parole, pour comprendre, et pour analyser.

Pour plus d’infos sur le film : contact@altair-nature.org

En savoir + : dossier_presse

Chantal Jouano présente son projet pour l’ours des Pyrénées

juillet 27, 2010

Une ourse sera lâchée en Béarn en 2011.

C’est l’annonce faite par Chantal Jouano secrétaire d’état à l’écologie. La Balaguère était présente en la personne de Vincent Fonvieille et en qualité de membre du comité de massif.

Parmi les nombreux opposants au projet, on en compte au moins 3 que cette nouvelle satisfait. C’est le trio les ours béarnais. Ce lâcher doit avoir lieu en Béarn, où ne subsistent que des mâles après le décès de Franska renversée par une voiture.

« Mais pas avant 2011 », souligne la ministre, qui fait fi de l’insoutenable attente que devront endurer nos 3 gaillards.

Ainsi auront-ils tout loisir de peaufiner leur plan drague.

Madame aura le choix.

Que le meilleur gagne !!!!!!!

Gérard Caubet

Directeur de Balaguère Formation

Pour La Balaguère

Lire l’article sur La république des Pyrénées

Trois ours pendus au pont de l’Alma !

janvier 22, 2010

Dans Ecotourisme magazine.

En cette année internationale de la biodiversité, les associations en faveur de la protection de l’ours brun sont sur le pont… Celui de l’Alma à Paris plus précisément où elles ont pendu symboliquement trois ours en peluche afin de mobiliser l’opinion et de rappeler au gouvernement ses engagements. « Depuis le 1er janvier 2010, la France n’a plus de Plan de restauration de la population d’ours dans les Pyrénées, et ce, en totale contradiction avec les engagements pris par le gouvernement et les obligations internationales de la France (Directive européenne « habitats » et convention de Berne) », martèlent sans relâche les associations Ferus/Pays de l’ours-Adet.. Pourtant, l’ours brun est l’une des deux seules espèces de mammifères « en danger critique d’extinction » en France, selon l’UICN*, »

Les associations Ferus et Pays de l’Ours – Adet, lancent donc une grande mobilisation en faveur de la protection de l’ours brun, et décrètent 2010, année de l’ours !

Tout au long de l’année, elles multiplieront les actions d’information, de sensibilisation et d’interpellation du gouvernement, dans le but d’obtenir un nouveau Plan de restauration de la population d’ours « à la hauteur de l’enjeu».

« Cette action, qui vise à dénoncer le non renouvellement du plan de restauration de la population d’ours bruns dans les Pyrénées, avait déjà été réalisée par l’association Artus (devenue Ferus) il y a vingt ans, et nous constatons avec amertume que la situation n’a que peu évolué », déplorent les associations qui lancent dès aujourd’hui une grande pétition en faveur du retour de l’ours sur le territoire français.

Les deux pétitions, et les futures actions associatives en faveur de l’ours sont en ligne sur www.ours2010.org

* Union Internationale pour la Conservation de la Nature, qui fait référence en matière de biodiversité

Paru dans Ecotourisme Magazine, mis en ligne par Sophie Vermande.

L’ours Camille a fait une apparition avant son hibernation

janvier 15, 2010

Quelle surprise, pour Jaime Solanas, agent de protection de la nature, que de se trouver à peine à 150 mètres du vieil ours Camille, alors qu’il effectuait un recensement d’isards.

Pendant plus de deux heures, Jaime Solanas et Jesús Laín, de l’équipe technique de suivi de l’ours du gouvernement d’Aragon, ont pu se régaler de la présence du plantigrade tout près du village d’Ansó, dans la vallée de Zuriza (en Aragon, aux limites de la frontière avec la Navarre). Cette première rencontre, datée du 14 novembre, a permis d’observer Camille en train de manger un sanglier et de faire quelques clichés d’excellente qualité. Le 19 décembre, Camille a été vu à nouveau, déambulant avant de rentrer dans sa tanière, grâce à des caméras de vidéosurveillance. Ces images ont donné des renseignements plus précis sur sa santé, car l’ours, âgé d’environ 25 ans, présente une alopécie postérieure (1). Selon Manuel Alcántara, responsable du service de biodiversité du gouvernement d’Aragon « cela est dû au stress hormonal, car il n’a pas pu satisfaire ses besoins lors des périodes de rut. Mais au-delà de ce problème, il est en bonne santé ». Rappelons que dans ce secteur des Pyrénées, il n’y a pas d’ourse, et que Camille partage le territoire avec Néré, Aspe et Canelillo, fruit de Cannelle et Néré.

Camille, dont l’activité s’est amoindrie, ces dernières années, avait fait souvent la une des journaux durant les années 1990 du fait de sa voracité. Rien qu’en 1998, il avait tué 106 brebis.

(1) Chute de poils.

Article paru dans Pyrénées-Découverte.

En Haute Garonne deux randonneurs ont croisé l’ours

septembre 28, 2009

Deux randonneurs croisent l’ours prés de Melles en Haute Garonne :

« Je n’en croyais pas mes yeux, affirme Hugo, on n’a pas bougé et on a pu l’admirer pendant quelques minutes, durant toute sa traversée du pierrier. À un moment, il s’est arrêté, a dû nous sentir car il a tourné la tête vers nous. Puis il a continué son chemin. Nous n’avons pas voulu le déranger, je pense que si on le respecte, il nous respecte aussi. Encore une fois, la nature nous en a mis plein la vue ».

http://www.ladepeche.fr

L’ours brun des Pyrénées

septembre 7, 2009

Il y a 250 000 ans, l’ours brun était présent dans toutes les hautes vallées de la chaîne des Pyrénées. Présent sur le territoire bien avant le développement du pastoralisme il y a 3000 ans, il est un élément incontestable de la biodiversité pyrénéenne. A l’âge adulte, les mâles pèsent entre 120 et 250 kg, les femelles entre 80 et 150 kg. A partir de l’âge de 5 ans, les femelles peuvent donner naissance tous les 2 ans à deux ou trois oursons, qui resteront un an et demi avec elle avant de partir. La fourrure est épaisse, variant du beige au brun. Tous les hivers, de décembre à avril, l’ours hiverne dans sa tanière. Sa durée de vie est importante : il peut vivre jusqu’à 25 ans en moyenne.

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©Pays de l'Ours-ADET

Omnivore, il se nourrit essentiellement de glands, de faines, de fruits des bois, de tubercules et d’herbes, végétarien de 70 à 80%. Quand l’occasion se présente, il profite d’insectes, de charognes ou de rongeurs. Les ours tuent environ 300 bêtes par an dans les Pyrénées, ce qui représente moins de 1% de la mortalité domestique : en 2008, 152 brebis ont été tuées.

35 000 bêtes meurent chaque année dans les Pyrénées (accidents, foudre, vols, maladies, prédation…). A titre d’exemple, les dégâts de cultures des sangliers sont 10 fois plus conséquents que les dégâts imputés à l’ours sur les troupeaux.

Depuis le 19ème siècle, la population de l’ours décline, mise en danger par le fractionnement de son milieu avec la construction de pistes forestières, la pénétration des massifs mais également par les chasseurs, érigés en héros, et les montreurs d’ours. Autrefois présent partout en France, puis dans les massifs montagneux seulement, il n’est présent plus que dans les Pyrénées depuis les années 1940. En 1962, la chasse individuelle est  interdite. Dans les années 80 on ne compte plus qu’une quinzaine d’individus, et ce n’est qu’après 1982 que l’État commence à s’investir pour la sauvegarde, alors que certaines associations se battent déjà, comme le FIEP (fonds d’intervention éco-pastoral) depuis 1976 dans le Béarn.

En 1996, débute donc l’opération de renforcement de la population avec des ours originaires de Slovénie. Les conditions naturelles de vie étant très comparables à celles qu’offrent les Pyrénées, les acteurs de la réintroduction espèrent ainsi restaurer une population d’ours viable. Chaque ours est équipé de colliers émetteurs afin que leurs déplacements soient quotidiennement suivis. On observe un même comportement pour chacun : la première année, l’ours va visiter une large étendue du territoire avant de se fixer dans un domaine plus restreint. Le collier émetteur a une durée de vie d’une année, ensuite, c’est l’émetteur intra-abdominal qui va prendre la relève, pour continuer à vérifier l’usage que fait l’ours du milieu et son adaptation.

Une vingtaine d’ours vit actuellement dans les Pyrénées, mais les morts récentes ont fragilisé la reproduction et leur viabilité. Sans la réintroduction, ils ne seraient plus qu’un ou deux en vie, avant l’extinction. Aujourd’hui espèce protégée, les experts internationaux estiment qu’à partir d’une cinquantaine d’individus la population pourra être considérée comme hors de danger.

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©Pays de l'Ours-ADET

La crainte de l’ours peut expliquer une certaine antipathie à son égard, il faut cependant savoir que ce dernier est extrêmement craintif envers l’homme. Méfiant, il évite la rencontre autant que possible et dans le cas contraire, il cherche à fuir. Attention à ne pas prendre pour de l’agressivité le fait qu’il se mette debout, bien souvent, c’est plutôt pour mieux percevoir par l’odorat ce à quoi il a affaire !

L’ours est néanmoins l’objet d’un débat animé dans les Pyrénées quant à sa réintroduction. L’État met en œuvre la restauration de la population, sous l’œil vigilant des associations. Si la grande majorité des français est pour, la minorité représente en majorité des éleveurs, bien qu’encore une fois, leurs avis sont mitigés : une partie du monde agricole s’avère pour la présence de l’ours. L’Etat apporte des aides financières aux éleveurs pour compenser les contraintes liées aux attaques de l’ours : indemnités, mesures destinées à limiter les attaques, garde permanente des troupeaux par un berger, dons de chiens patous, de parcs électrifiés… Le maintien du pastoralisme est une des priorités de l’Etat.

L’ours fait pourtant partie de l’identité culturelle des Pyrénées : contes, mythes et légendes le mettent en scène. Avons-nous le droit de laisser cette espèce disparaitre ?

La Balaguère a choisi de consacrer du temps pour ce dossier, car nous voulions donner la parole à des personnes concernées, des moins concernées, des personnes pour, et d’autres contre…

Alors pas de commentaires virulents, mais plutôt essayez de mieux comprendre l’ampleur de ce débat.

La parole vous est donnée, publiez vos commentaires, donnez vos avis !

Pour davantage d’informations sur l’ours, allez visiter le site de l’ADET, Pays de l’Ours.

Interview de Frantz Breitenbach, accompagnateur montagne investi pour la cause de l’ours

septembre 7, 2009

Passionné de nature, Frantz passe une bonne partie de son temps sur les traces des ours aux quatre coins de l’Europe. Randonner avec lui signifie prendre le temps de regarder ce qui se trame tout autour, dans le milieu naturel. Accompagnateur mais aussi hébergeur, il possède un gîte situé au cœur d’une petite vallée préservée des Hautes-Pyrénées.

Bonjour Frantz ! Si vous voulez bien nous allons commencer par les présentations !

Bonjour ! D’accord… Je suis donc accompagnateur en montagne. Je me suis installé dans les Pyrénées en 1995, parce qu’elles représentaient le dernier bastion de la faune sauvage en France, avec les gypaètes, les rapaces, et les ours… C’était le seul massif préservé. J’encadre des randonnées depuis 1999 avec La Balaguère, et j’essaie de faire des programmations à tendance naturaliste pour sensibiliser les randonneurs.

C’est à partir de ce moment que vous vous êtes penché sur le cas de l’ours ?

En fait, pour essayer de comprendre la situation, j’ai voyagé, je voulais voir ailleurs comment ça se passait : en Europe, mais aussi en Amérique du Nord, où j’ai rencontré beaucoup de gens qui travaillaient sur l’ours. L’ours à l’époque était le dernier représentant en France de la grande faune européenne. C’est un animal qui a autant sa place que les autres dans le milieu naturel, c’est un des animaux, voire l’animal emblématique des Pyrénées. Je me suis donc mis à développer des programmes d’observation de l’ours, qui permettent aujourd’hui de participer à sa conservation, en Grèce notamment. J’ai pris part à de nouveaux projets car l’ours fait partie du patrimoine naturel. Si en 1967 le Parc Naturel a été fondé, c’était justement pour que les isards et les ours ne disparaissent pas.

D’après ce que j’ai entendu, une des propositions des personnes peu favorables à la présence de l’ours était de le maintenir dans un parc ?

Eh bien, oui, mais le Parc National à la base il était fait pour cela au début, sauf que l’on a évité les zones d’ours ! Cela faisait cinq ans que l’ours n’était plus considéré comme du gibier, mais on n’avait pas encore signé la convention de Berne pour la protection de la vie sauvage !

Mais bon, la question ne se pose pas, un parc fermé ça n’a aucun sens ! C’est le risque qu’il n’y ait plus de brassage génétique. On peut parler d’un tel problème pour l’Asie ! Il y a des Parcs Nationaux mais il n’y a aucun échange entre les zones protégées, donc au final on rencontre quand même l’extinction…

Et puis il n’y a pas lieu d’avoir un débat puisque depuis 1972 l’État a dit oui pour la protection de l’ours, donc il doit mettre les politiques nécessaires en œuvre. Ça n’a aucun sens un parc fermé, puisque sinon il faudrait faire un parc qui ferait la moitié des Pyrénées ! Et dans ce cas il faudrait aussi faire une zone d’exclusion pour la faune domestique, alors que le but de la réintroduction, c’est l’échange, la cohabitation !

L’enjeu de la réintroduction de l’ours, c’est parvenir à la cohabitation ?

L’enjeu, c’est faire que l’ours ne disparaisse pas des Pyrénées ! Malheureusement, on a laissé mourir l’enjeu de faire préserver la race pyrénéenne car la dernière femelle a été tuée… Donc maintenant, il faut lâcher des femelles dans le Béarn, pour qu’avec les trois mâles elles puissent assurer une descendance.

Comment vous expliquez un tel débat aujourd’hui ?

A mon avis, c’est à cause de 1992. Quand le loup a fait son retour naturellement par l’Italie sur le Mercantour et que l’État a découvert sa présence, il n’a pas communiqué. Du coup, il a été accusé de l’avoir caché à la population locale. Alors maintenant, pour éviter ça, le gouvernement a choisi d’essayer de faire de la conciliation pour que les gens s’approprient la présence de l’ours. Depuis 1976, le FIEP¹ et l’IPHB² travaillent sur cette mission : préparer le terrain pour qu’avec l’accord des populations locales le renforcement de la population oursine soit possible . Plus de 20 millions d’euros ont été dépensés à acheter l’opinion des éleveurs en réfections de pistes, de cabanes, de moyens divers avec le prêt de patous, la mise en place de bergers itinérants, une adaptation des salaires aussi… Vous pouvez voir la liste des dispositifs mis en place pour aider les éleveurs à cohabiter sur le site du Ministère de l’écologie !

Mais après, comme la population de l’ours diminuait dangereusement, ce n’était plus possible de discuter, il a fallu agir ! A trop vouloir concilier, on a empiré la situation… Encore aujourd’hui les opposants ont boycotté les tables dans les Pyrénées où ils étaient invités. C’est une année de travail pour rien ! Ils ont été reçus plusieurs fois par le ministre de l’écologie, mais ils ont été déboutés, parce qu’ils n’avaient pas d’arguments valables ! Ils pouvaient faire des voyages d’études aussi, avec des inspecteurs d’États des autres pays, pour les concilier et leur montrer comment ça se passe, mais les opposants l’ont également boycotté !

Pourquoi boycotter ? L’ours pourrait être une menace pour la profession d’éleveur ?

Justement, depuis le plan de réintroduction de l’ours, certains éleveurs travaillent mieux ! Leur taux de perte passe de 10% à moins d’1% et cela grâce au travail des bergers sur place !

Les gens ont le droit d’avoir un avis, mais il ne faut pas s’exprimer en pour ou en contre, puisque de toute façon il y a 40 ans la France a pris la décision de garder l’ours ! Il y a plein de sujets sur lesquels l’État a pris des décisions sans consulter la population. Pour les radars automatiques on n’a jamais demandé notre avis ! Mais là on a consulté les gens car l’État aurait voulu que les gens soient acteurs dans le pastoralisme, en mettant en place les outils de protection de leur troupeau !

Peut-on arriver à un consensus ?

Complètement, oui ! Car tout le dispositif est en place, et les gens qui l’utilisent le reconnaissent ! Le seul problème est la rentabilité de la brebis à viande, qui est difficile car elle connait une forte concurrence dans le monde. Et même pour ça l’ours a été bénéfique ! Maintenant il y a le label broutards du Pays de l’ours, qui lui donne une valeur supplémentaire ! Et puis quand même, il faut savoir que l’ours n’est pas plus une menace que n’importe quel animal sauvage ! Les cerfs, les sangliers, les chevreuils… Ils font 10 morts par an en France ! Mais évidemment, l’ours est aussi potentiellement une menace, c’est un animal qui est puissant, mais il ne faut pas en avoir peur !

Donc pour vous, l’ours, c’est un impact positif économiquement tant que culturellement ?

Bien sûr ! Moi quand je pars en randonnée et qu’on me pose la question « mais l’ours, on a une chance d’en voir un ? », c’est quand même que ça contribue au moins à l’image d’un massif préservé ! Sans parler de l’aspect culturel, car les contes et les légendes racontent les histoires des montreurs d’ours. Quand on prend un livre sur les Pyrénées, il y a toujours un chapitre sur l’ours ! En protégeant l’habitat de l’ours on protège aussi des espèces peu connues car c’est ce qu’on appelle une espèce parapluie³ : la Rosalie des Alpes, le grand tétras…

Une conclusion ?

Oui, eh bien, quand on parle de cohabitation avec le pastoralisme,  il faut toujours d’abord expliquer tout le dispositif qui a été mis en place. Je vous propose à tous d’aller visiter le site du ministère de l’écologie.

http://www.ours.ecologie.gouv.fr

¹ Fonds d’intervention éco-pastoral

² Institution Patrimoniale du Haut-Béarn

³ Protéger l’ours revient à protéger l’ensemble de son biotope

Intervention de Vincent fonvieille au groupe Ours Pyrénées, PDG de La Balaguere et Président de l’association Pyrénées Pleine Nature

septembre 7, 2009

Groupe Ours Pyrénées – Contribution Vincent Fonvieille

Quelques réflexions rapides et en vrac sur le sujet (d’un professionnel du Tourisme de Nature et de randonnée depuis 1983, accompagnateur/moniteur de ski de fond, puis dirigeant de La Balaguère):

La clientèle du tourisme de randonnée et de pleine Nature, notre clientèle depuis 25 ans, a une haute conscience environnementale et sociale. Cette conscience et cette exigence s’accentuent de façon exponentielle ces dernières années, notamment avec la montée en puissance des notions de tourisme responsable, et plus récemment, la montée de la conscience environnementale dans l’opinion publique, personnalisée par Nicolas Hulot et traduite par le Grenelle de l’environnement, et presque au quotidien dans les médias.

A noter que la notion de tourisme responsable, très orientée “Social et équité” pour le tourisme à l’étranger, et principalement dans les pays du Sud, est essentiellement axée sur les questions environnementales dès que l’on se limite au tourisme hexagonal.

On peut traduire cette “conscience environnementale” par une satisfaction de la présence de l’ours dans les Pyrénées et un souhait global de sa pérennisation.

Pour traduire les choses différemment, la pensée globale de nos clients (ayant une ouverture plus large que les seules Pyrénées) exprime la chose suivante :

“on ne peut pas exiger des africains qu’ils protègent les éléphants, des japonais qu’ils renoncent à la chasse à la baleine, et être incapable, nous français, de protéger et de garder l’Ours dans les Pyrénées”.

La conscience “sociale” des touristes, alimentée par le besoin (idéalisé certes) d’authenticité et de retour aux sources, va dans le sens du maintien à tout prix de la présence des bergers dans nos montagnes.

Je pense sincèrement que les touristes, malgré la pression médiatique, ne mettent pas en opposition la présence de l’ours et du berger.

En synthèse, à mon avis :

  • Le maintien et le développement du pastoralisme pyrénéen est une nécessité, et une priorité
  • L’ours fait partie du patrimoine des Pyrénées, c’est la grande singularité (et ce devrait être la fierté) des Pyrénées d’être un massif suffisamment sauvage pour avoir su conserver l’ours.
  • En bref, c’est un grand + pour l’image du massif (dans sa globalité) et pour le tourisme.
  • Sur le terrain, contrairement à ce que pourraient craindre certains, l’ours n’est absolument pas une gêne pour la pratique de notre activité, au contraire. (Pour relativiser, il faut dire que nous avons eu des expériences de produits en Alaska…)
  • Il faut absolument concilier présence de l’ours et développement du pastoralisme sans les opposer l’un à l’autre. Sortir du débat, c’est l’ours OU le berger. La majorité des “pro-Ours” sont avant tout des “pro-bergers”.
  • Il est indispensable de dépassionner le débat.
  • Revoir la politique et les techniques de réintroduction, qui ne “passent” pas localement, mais pas plus par leur effets négatifs chez bon nombre de touristes
  • Trouver des solutions sans les imposer
  • Il faut également Valoriser la présence de l’Ours dans la promotion et la communication du massif
  • En revanche, je ne pense pas très opportun de faire de l’Ours un produit touristique (nous avons fait cette expérience il y a quelques années)

Arrens-Marsous, le 6 mars 2009

Cordialement

Vincent Fonvieille

Fondateur et dirigeant de La Balaguère