Le matériel de randonnée en hiver
octobre 19, 2009 par balablog
Bonjour Philippe !
Nous aimerions quelques conseils pour aider les randonneurs qui vont partir en séjour ! Comment faire leur sac à dos et leur valise sans s’encombrer inutilement, mais surtout leur permettre de ne rien oublier !
Pourrais-tu donner quelques infos aux personnes qui ne savent pas quoi amener dans leurs valises pour un séjour en hiver?
- Bien sûr ! En hiver, les vêtements sont très importants.
Mais il faut distinguer le séjour en étoile du séjour itinérant en refuge gardé.
Pour un séjour en étoile, l’équipement est plus simple.
Pour le pantalon il faut qu’il soit déperlant c’est-à -dire que l’eau ou la neige pénètre plus difficilement le tissu. Mais attention ce n’est pas étanche. Le mieux est ainsi de prévoir un sur-pantalon étanche qui permet d’être totalement protégé, car en cas de pluie ou de chutes de neige importantes et de longue durée, le tissu déperlant perd de son efficacité.
Il n’est pas forcément nécessaire de prévoir un tissu très épais ou d’acheter spécialement un pantalon d’hiver, car on peut utiliser un pantalon d’été sous lequel on met un collant un peu chaud, par exemple en polaire. Il faut proscrire la combinaison de ski pour faire de la randonnée. En général rares sont les combinaisons qui soient étanches et en plus dès que l’on marche elles deviennent de vrais étuves. D’autre part quand le soleil chauffe bien, ces combinaisons deviennent une horreur et sont difficiles à supporter.
Pour le haut du corps, prévoyez comme pour l’été : un maillot tissu respirant ou polaire mais à manche longue et avec col à fermeture. Un petit pull ou une veste fine respirant ou polaire en cas de froid et bien évidemment une bonne veste étanche. Attention, l’hiver, la cape de pluie est à proscrire.
Il faut rester sur le principe de ce que l’on appelle « 3 couches » : un maillot au contact du corps, un pull ou une veste et une veste de pluie, pas plus.

© G.LOPEZ
Pour la tête et les mains, il faut un bonnet ou un tour de coup car on peut s’en servir de cagoule s’il fait vraiment froid avec du vent. Amenez aussi une bonne paire de gants épaisse, de préférence imperméable et non en polaire, car l’hiver s’il neige même un peu, ils vont vite garder l’humidité, et ne seront plus efficaces du tout.
Pour les chaussures il est primordial d’avoir une bonne paire étanche et épaisse.
Certaines chaussures fine ou trop souples que l’on utilise l’été sont totalement inefficaces et le résultat est garanti : froid et humidité rapidement. Attention aux « moon-boots » ou après-ski. Ils ne sont pas adaptés du tout pour la randonnée et encore moins pour les raquettes, résultat : déchaussage permanent garanti.
Pour le séjour itinérant en refuge gardé, il faut impérativement avoir des vêtements de qualité.
Il est rarement possible de faire sécher ses affaires le soir et il faut être bien protégé la journée, car l’organisme est moins résistant au fur et à mesure. Tout le monde le sait : une nuit en refuge l’hiver est moins confortable qu’en gîte ou en hôtel : dortoirs pas forcément chauffés, douches chaudes plus restreintes, nuits moins silencieuses ou plus agitées, on récupère moins bien le soir et la nuit.
Prévoir la lampe frontale, la trousse de toilette, du change pour la nuit.

© G.LOPEZ
Et dans le sac à dos, que conseilles-tu d’emporter pour une randonnée à la journée, en hiver toujours ?
LÃ voici ce que l’on appelle « le fond de sac ».
C’est-à -dire que ce matériel reste toujours dans le sac et on l’a avec soi en cas de besoin :
1/ Les lunettes de soleil indice de protection minimum 3. La réverbération du soleil sur la neige est très forte donc très nocive pour les yeux. Et en cas de brouillard ou de nuages cette réverbération est amplifiée.
2/ Une casquette est bien utile aussi pour protéger le visage du soleil et donc des brûlures,
3/ Une bonne crème solaire
4/ Sa veste de pluie avec éventuellement le sur-pantalon
5/ Bonnet et gants
6/ Une petite couverture de survie très simple, elle peut rendre bien des services
7/ De quoi boire, au moins un litre pour la journée
8/ Un thermos de boisson chaude si vous le souhaitez
9/ De quoi grignoter
10/ Sa pharmacie personnelle
11/ Une lampe frontale ou une petite lampe de poche.
Cela peut paraître étonnant si l’on ne part que pour la journée mais imaginez quelque chose de tout bête et tout simple :
En fin d’après-midi une personne se fait une entorse, rien de méchant ni de grave. Mais même si l’on n’a pas besoin de déclencher les secours et que cette personne peut rentrer si on l’aide, l’allure du groupe est considérablement ralentie et en milieu d’hiver, à 17H30, il fait nuit. Donc cette lampe qui ne pèse rien et prend très peu de place va être bien pratique et même empêcher éventuellement d’autres incidents. Je vous rassure cela n’arrive pas souvent et votre guide ou accompagnateur a la sienne avec lui. Mais avec une lampe pour 10 ou 12 personnes, certains participants auront des difficultés.
12/ Une housse de protection pour le sac à dos
Et pour des nuits en tente/gite ou refuge, que faut-il prévoir ?
- Pour les nuits en gîtes ou hôtels, la même chose que pour chez soi en prévoyant quand même un peu plus chaud. Il arrive que dans certains hébergements le chauffage ne soit pas trop fort ou pour les frileux (ses) !
- En refuge l’habituel « sac à viande » ou drap cousu pour ne pas être en contact direct avec les couvertures du refuge. Selon le type de séjour un duvet peut être nécessaire.
- En tente, l’hiver c’est assez rare, mais cela peut arriver ou même en igloo. Dans ce cas il faut prévoir un très bon duvet, que l’on appelle « grand froid », prévu au moins pour du -5°c, un matelas isolant, un sur-sac étanche si l’on est en igloo et de bons vêtement chauds pour la nuit. Pensez surtout au bonnet pour la nuit car il permettra de limiter considérablement les déperditions de chaleur du corps, déperdition qui se fait en premier lieu par la tête.
Ce n’est pas toujours facile de trouver un sommeil de qualité en gite ou refuge, as-tu des astuces qui pourraient aider à améliorer les nuits ?
Là , c’est une question plus difficile et je n’ai pas de solution miracle. Dès que l’on est en dortoir, que ce soit en gîte ou refuge, on aura un sommeil de moins bonne qualité que si on était seul chez soi. Malheureusement il n’y a pas de remède miracle, si ce n’est les boules « quies » ou les bouchons d’oreilles pour diminuer les bruits.
Et puisque l’on parle des nuits en dortoir, je voudrais faire un petit aparté.
Que ce soit l’été ou l’hiver on est toujours réveillé tôt le matin par les autres occupants. Ce n’est pas toujours agréable, mais c’est le principe du dortoir et il faut l’accepter. Cependant on peut parfaitement faire un effort pour être un peu discret et penser aux autres tout en pensant à soi. Et cela commence par limiter le bruit du rangement des affaires ou des discussions matinales. Parler à voix basse n’est pas difficile et ces fameux bruits des sacs plastique que l’on manipule pendant 10 minutes peut être évité si l’on s’organise à l’avance. Et cela vaut aussi pour le soir lorsque l’on se couche et que d’autres dorment déjà .
Est-ce qu’il faut prendre une trousse à pharmacie ou bien l’accompagnateur aura-t-il de quoi me soigner ? Qu’est-ce que je dois prévoir ?
Il faut distinguer la trousse à pharmacie de la trousse de secours.
Le guide ou l’accompagnateur a toujours avec lui le matériel nécessaire pour les premiers secours. Mais il n’est pas médecin ni pharmacien. Il n’est pas là pour vous donner des médicaments contre les problèmes quotidiens. Il faut donc que chaque participant(e) prévoit ce dont il peut avoir besoin, antidouleurs, pansements et encore plus pour les traitements médicaux spécifiques.
J’en profite pour préciser un point qui peut être important.
Si vous suivez un traitement médical spécifique qui nécessite d’avoir toujours avec vous un médicament particulier avec prise urgente, prévenez votre accompagnateur et dites lui ce qu’il doit faire en cas de problème et où vous gardez votre « remède ».
- Attention si vous partez sur un séjour à l’étranger pendant lequel l’accès aux soins est limité voire impossible. Parlez-en à votre médecin avant votre départ. Il vous conseillera sur des médicaments spécifiques.
Faut-il amener des choses à manger style barres de fruits, ou bien des spécialités que je pourrai partager avec les autres membres du groupe ?
- Là je dis tout de suite Oui. Oui pour ce que j’appelle « des petits encas » que l’on grignote si l’on a une petite faim. Mais pas la peine d’acheter les supers barres énergétiques à un prix fou.
Les fruits secs sont d’excellents apports et très peu chers : abricots, pruneaux, raisins, petits mélanges, figues, à chacun ses goûts !
Il y a aussi les bananes séchées. Elles sont plus rares à trouver en grandes surface, mais là le coup de fouet est garanti. Encore faut-il bien aimer la banane car le goût est très fort. Pour ma part, j’adore.
Et pour les spécialités de votre région un double et grand OUI.
Quoi de plus agréable que de partager ensemble un gâteau au fromage de telle région ou une bouteille de vin de tel vignoble ? Honnêtement cela permet de faire disparaître bien plus rapidement les éventuelles « froideurs » du premier jour. Et en plus, pour le palais, quel bonheur. N’hésitez donc pas à le faire. De son côté votre accompagnateur essaye de vous faire découvrir, autant que possible, les spécialités de son coin, un pâté particulier, des aliments du « pays » où l’on se trouve, ou même sa touche personnelle pour sa façon de faire les crêpes.
Un séjour est une formidable façon de réunir dans un même lieu et à un même moment des origines très diverses.
Autant en profiter pour découvrir ce qui se fait ailleurs.
Et autant en profiter, également pour faire du « ATR ».
Agir pour un Tourisme Responsable, vous l’avez lu ou vous le lirez peut-être pour votre prochain séjour. Cela peut paraître un peu « lointain » pour certains, un peu « à la mode » pour d’autres. Mais quoi de plus vrai, pour moi, que de manger « local ». Local aussi bien par le lieu où l’on se trouve, que par le lieu d’où l’on vient.
Pour finir, je voudrai apporter quelques précisions.
Tout d’abord pour le matériel personnel.
Il n’est pas forcément utile ou absolument nécessaire d’acheter des supers marques. Tout dépend du séjour que vous choisissez et de la pratique que vous avez. Bien évidemment les grandes marques de matériel de montagne et randonnée sont incontestablement de la qualité et de la longévité.
Mais pour ceux qui voyagent à pied occasionnellement, celles et ceux qui n’ont pas forcément les moyens de mettre le prix, il existe ce que j’appelle les « grandes surfaces spécialisées ». Décathlon pour ne pas le nommer a permis de rendre accessible à tout public du matériel qui coutait très cher et qui était un peu réservé aux passionnés. Bien évidemment il ne faut pas chercher à comparer un vêtement Quecha par exemple à Fusalp. Honnêtement il n’y a pas photo, le prix est moindre, il y a donc une perte dans la qualité, l’efficacité ou la longévité ou résistance à l’usage. Mais c’est une marque grand public qui a un très bon rapport qualité/prix et qui a fait de grands progrès dans certains domaines. A vous de choisir, quelle est votre pratique, qu’attendez-vous de votre matériel, votre budget ?
Votre sac à dos et sa taille.
Pour de nombreux séjours, le pique-nique du midi est préparé par votre guide ou accompagnateur en montagne. Cela implique forcément le portage de ce pique-nique, tout le monde y participe.

© G.LOPEZ
Pensez-y, été ou hiver, autant faire que tout le monde participe à tout, cela fait aussi partie d’un séjour en groupe.
Bon séjour, bonne rando et voyage à pieds, profitez de votre semaine car vous êtes ici pour les vacances donc pour prendre du bon temps et profiter.
















Excellent !
Hyper complet cet article.
Tu devrais en faire une entrée sur wikipédia !!