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L’ours brun des Pyrénées

septembre 7, 2009 par  

Il y a 250 000 ans, l’ours brun était présent dans toutes les hautes vallées de la chaîne des Pyrénées. Présent sur le territoire bien avant le développement du pastoralisme il y a 3000 ans, il est un élément incontestable de la biodiversité pyrénéenne. A l’âge adulte, les mâles pèsent entre 120 et 250 kg, les femelles entre 80 et 150 kg. A partir de l’âge de 5 ans, les femelles peuvent donner naissance tous les 2 ans à deux ou trois oursons, qui resteront un an et demi avec elle avant de partir. La fourrure est épaisse, variant du beige au brun. Tous les hivers, de décembre à avril, l’ours hiverne dans sa tanière. Sa durée de vie est importante : il peut vivre jusqu’à 25 ans en moyenne.

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©Pays de l'Ours-ADET

Omnivore, il se nourrit essentiellement de glands, de faines, de fruits des bois, de tubercules et d’herbes, végétarien de 70 à 80%. Quand l’occasion se présente, il profite d’insectes, de charognes ou de rongeurs. Les ours tuent environ 300 bêtes par an dans les Pyrénées, ce qui représente moins de 1% de la mortalité domestique : en 2008, 152 brebis ont été tuées.

35 000 bêtes meurent chaque année dans les Pyrénées (accidents, foudre, vols, maladies, prédation…). A titre d’exemple, les dégâts de cultures des sangliers sont 10 fois plus conséquents que les dégâts imputés à l’ours sur les troupeaux.

Depuis le 19ème siècle, la population de l’ours décline, mise en danger par le fractionnement de son milieu avec la construction de pistes forestières, la pénétration des massifs mais également par les chasseurs, érigés en héros, et les montreurs d’ours. Autrefois présent partout en France, puis dans les massifs montagneux seulement, il n’est présent plus que dans les Pyrénées depuis les années 1940. En 1962, la chasse individuelle est  interdite. Dans les années 80 on ne compte plus qu’une quinzaine d’individus, et ce n’est qu’après 1982 que l’État commence à s’investir pour la sauvegarde, alors que certaines associations se battent déjà, comme le FIEP (fonds d’intervention éco-pastoral) depuis 1976 dans le Béarn.

En 1996, débute donc l’opération de renforcement de la population avec des ours originaires de Slovénie. Les conditions naturelles de vie étant très comparables à celles qu’offrent les Pyrénées, les acteurs de la réintroduction espèrent ainsi restaurer une population d’ours viable. Chaque ours est équipé de colliers émetteurs afin que leurs déplacements soient quotidiennement suivis. On observe un même comportement pour chacun : la première année, l’ours va visiter une large étendue du territoire avant de se fixer dans un domaine plus restreint. Le collier émetteur a une durée de vie d’une année, ensuite, c’est l’émetteur intra-abdominal qui va prendre la relève, pour continuer à vérifier l’usage que fait l’ours du milieu et son adaptation.

Une vingtaine d’ours vit actuellement dans les Pyrénées, mais les morts récentes ont fragilisé la reproduction et leur viabilité. Sans la réintroduction, ils ne seraient plus qu’un ou deux en vie, avant l’extinction. Aujourd’hui espèce protégée, les experts internationaux estiment qu’à partir d’une cinquantaine d’individus la population pourra être considérée comme hors de danger.

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©Pays de l'Ours-ADET

La crainte de l’ours peut expliquer une certaine antipathie à son égard, il faut cependant savoir que ce dernier est extrêmement craintif envers l’homme. Méfiant, il évite la rencontre autant que possible et dans le cas contraire, il cherche à fuir. Attention à ne pas prendre pour de l’agressivité le fait qu’il se mette debout, bien souvent, c’est plutôt pour mieux percevoir par l’odorat ce à quoi il a affaire !

L’ours est néanmoins l’objet d’un débat animé dans les Pyrénées quant à sa réintroduction. L’État met en Å“uvre la restauration de la population, sous l’Å“il vigilant des associations. Si la grande majorité des français est pour, la minorité représente en majorité des éleveurs, bien qu’encore une fois, leurs avis sont mitigés : une partie du monde agricole s’avère pour la présence de l’ours. L’Etat apporte des aides financières aux éleveurs pour compenser les contraintes liées aux attaques de l’ours : indemnités, mesures destinées à limiter les attaques, garde permanente des troupeaux par un berger, dons de chiens patous, de parcs électrifiés… Le maintien du pastoralisme est une des priorités de l’Etat.

L’ours fait pourtant partie de l’identité culturelle des Pyrénées : contes, mythes et légendes le mettent en scène. Avons-nous le droit de laisser cette espèce disparaitre ?

La Balaguère a choisi de consacrer du temps pour ce dossier, car nous voulions donner la parole à des personnes concernées, des moins concernées, des personnes pour, et d’autres contre…

Alors pas de commentaires virulents, mais plutôt essayez de mieux comprendre l’ampleur de ce débat.

La parole vous est donnée, publiez vos commentaires, donnez vos avis !

Pour davantage d’informations sur l’ours, allez visiter le site de l’ADET, Pays de l’Ours.

Commentaires

4 Commentaires pour “L’ours brun des Pyrénées”

  1. celine lacombe en septembre 7th, 2009 23:13

    J’ai habite dans les Pyrenees pendant quelques annees et ai meme eu l’occasion, enfant de defendre des ours des Pyrenees a Saint-Lary-Soulan (en 1989)
    Il me semble que tout le monde a sa place dans les massifs montagneux : ours et troupeaux. Le patou, semble-t-il, est un bon moyen de faire fuir les ours en cas d’attaque. Et l’ours fait finalement bien moins de degats que d’autres animaux et/ou fleauts.
    Du coup, je suis furieuse de voir ces anti-ours manifester et meme tuer parfois (l’ourse Cannelle). Pour moi, il n’y a meme pas debat, l’ours a sa place dans les Pyrenees et meme partout ailleurs en France, et c’est a nous a nous adapter a sa presence, comme c’est d’ailleurs le cas en Californie.
    Vous ne pensez pas?

  2. sylvie genier en mars 9th, 2010 0:04

    pourquoi reintroduire l’ours puisqu’il est en extinction!
    A t il un habitat suffisement grand pour se deplacer? entre route , autoroute habitat, élevage, etc..
    a t il assez de quoi vivre ? baie, fruits? Les charognes ? Il semble que Bruxelle est demande l’interdiction de laisser les bêtes mortes sur place! Ce qui ne permets plus aux vautours de se nourrir alors pour l’ours??

    C’est sympa de voir une bête sauvage mais encore faut il lui permettre de vivre correctement sans reduire sont territoire comme une peau de chagrin ni lui reprocher de se nourrir. Est ce pour le plaisir du touriste ou pour l’animal?
    Je suis tout à fait d’accord pour laisser les loups ou les lynx tranquilles car ils se sont reintroduits naturellement, mais les ours ? On les fait venir de Slovenie ! pour les tuer après!!
    Il faudrait aussi s’interresser à la biodiversité et proteger les abeilles serieusement , détruire les frelons asiatiques qui sont un predateur des abeilles. Sans abeilles pas de biodiversité et pas de baie ni gland, tubercule pour nourrir les ours. Tout cela demande un équilibre qui est plus que précaire ou compromis

  3. sylvie genier en mars 9th, 2010 0:05

    pourquoi reintroduire l’ours puisqu’il est en extinction!
    A t il un habitat suffisement grand pour se deplacer? entre route , autoroute habitat, élevage, etc..
    a t il assez de quoi vivre ? baie, fruits? Les charognes ? Il semble que Bruxelle a demande l’interdiction de laisser les bêtes mortes sur place! Ce qui ne permets plus aux vautours de se nourrir alors pour l’ours??

    C’est sympa de voir une bête sauvage mais encore faut il lui permettre de vivre correctement sans reduire sont territoire comme une peau de chagrin ni lui reprocher de se nourrir. Est ce pour le plaisir du touriste ou pour l’animal?
    Je suis tout à fait d’accord pour laisser les loups ou les lynx tranquilles car ils se sont reintroduits naturellement, mais les ours ? On les fait venir de Slovenie ! pour les tuer après!!
    Il faudrait aussi s’interresser à la biodiversité et proteger les abeilles serieusement , détruire les frelons asiatiques qui sont un predateur des abeilles. Sans abeilles pas de biodiversité et pas de baie ni gland, tubercule pour nourrir les ours. Tout cela demande un équilibre qui est plus que précaire ou compromis

  4. eliane dupont en mars 9th, 2010 21:30

    Merci pour ce débat. Je peux plus suivre un groupe de randonneurs, mais les Pyrénées ça m’intéresse, et les ours aussi. Mais je suis assez pessimiste :D ans ce monde, je crois pas que l’ours puisse vivre tranquille , il fera toujours des dégâts et ils sera toujours détesté… Comme le loup d’ailleurs.

    C’est bien beau de rêver à la nature sauvage et belle, mais la civilisation actuelle va complètement à contre-sens, non ?

    Pourtant, Dieu sait que ça change l’atmosphère d’une ballade de savoir qu’ils sont là, même si on les voit pas…
    On peut toujours rêver….

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