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	<title>La Balablog, l'espace Voyageurs de Balaguère Voyages</title>
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	<description>Randonnées et voyages à pied</description>
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		<title>Hierro, Canaries</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 08:09:32 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/>Bâle – Tenerife – samedi 20 décembre 2008 Voyage épique de quatre heures entre Bâle et Tenerife ! En forme la veille, la nuit du vendredi au samedi est survenu le fameux syndrome vacances. Résultat : un gros rhume carabiné ! Toux, fièvre, frissons&#8230; démarrage des vacances sous médicament ! Arrivée à l&#8217;aéroport à 18h10, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/><p><em>Bâle – Tenerife – samedi 20 décembre 2008</em></p>
<p>Voyage épique de quatre heures entre Bâle et Tenerife ! En forme la veille, la nuit du vendredi au samedi est survenu le fameux syndrome vacances. Résultat : un gros rhume carabiné ! Toux, fièvre, frissons&#8230; démarrage des vacances sous médicament ! Arrivée à l&#8217;aéroport à 18h10, heure locale. Il fait encore jour.</p>
<p>Chouette ! La température est agréable et le ciel rosit comme la nuit commence à tomber. Nous retrouvons notre accompagnateur, direction la pension ! Dans la voiture, complètement éteint, j&#8217;écoute ce que ce dernier nous raconte. « Les Canaries, pas l&#8217;Espagne. » « La loi littorale, ok, mais faut arrêter avec les extrémistes écolos qui n&#8217;ont pas compris la jeunesse de l&#8217;Espagne (Franco, 1975&#8230;) » A l&#8217;hôtel il nous prévient : climat privilégié donc peu d&#8217;isolation, notamment phonique, et&#8230; pas de chauffage ! Heureusement il ne fait pas froid !</p>
<p>Dîner dans un restaurant bar lounge à deux pas de la pension. Pas trop mauvais. Je ne suis pas le seul malade d&#8217;après Dominique, notre guide. Deux autres personnes le sont aussi. Nuit sous médicament, dans les frissons, perte de repères. Les vacances vont faire du bien !</p>
<p><em>Tenerife – La Frontera (El Hierro) – dimanche 21 décembre 2008</em></p>
<p>Lever à huit heures pour un rendez-vous à huit heures trente. Découverte de nos compagnons de voyages. Nous prenons le petit déjeuner sur une terrasse en bord de mer. Le soleil réchauffe, c&#8217;est agréable ! La mer en face frappe ses vagues sur des roches volcaniques noires. Puis départ en voiture pour la « zone industrielle », là d&#8217;où le ferry quitte le port. Balade le long de la promenade à Tenerife. Beaucoup de personnes âgées.</p>
<p>Au retour de la croisette nous repassons par le port de pêche, plus authentique. Nous embarquons à bord du ferry. Première halte à la Gomera. Beaucoup de gens descendent. Après deux heures trente de voyage voilà Hierro. De loin la végétation semble inexistante mais elle est en fait très riche et diversifiée. Nous prenons un bus jusqu’au départ de la première randonnée du voyage. Il fait frais. Le paysage est très vert. Des agaves sont plantés le long des chemins.</p>
<p>Les couleurs sont très jolies. Nous arrivons à un arbre sacré, le Garoé, arbre saint ou arbre fontaine des Canaries. L’endroit mériterait une pause méditative. La randonnée se termine dans le village de San Andreas, après avoir goûté à des figues de barbarie prélevées sur les arbres. Huit kilomètres environ, deux heures et quatre cent mètres de dénivelé : une mise en jambes facile.</p>
<p>Le bus nous amène à Frontera. C’est amusant de voir des décorations de Noël dans les palmiers ! Il fait très froid dans la chambre. J’essaye de me réchauffer avec une douche. Dehors, ressortis pour dîner, il fait plus chaud que dans la chambre. Le repas se compose d’une soupe au blé, accompagnée de mojo, rouge et verte. Avant de dormir nous assistons à un jeu traditionnel, les bolas, sorte de pétanque canarienne avec de plus grosses boules.</p>
<p>C’est le premier jour de l’hiver aujourd’hui !</p>
<p><em>La Frontera – lundi 22 décembre 2008</em></p>
<p>Levé à sept heures quarante cinq ce matin, direction le petit déjeuner. Simple. Après, passage nécessaire à la pharmacie (sirop et gouttes). Une partie du groupe aide Enea, notre guide, à faire les courses. Séparation en plusieurs sacs et c&#8217;est parti ! Randonnée du jour : mirador de Jinama, « entre falaises et pâturages verdoyants », mirador Pena (14km, 5h30, 800m+, 300m-).</p>
<p>La randonnée débute sur la route. On passe devant une église implantée au milieu d&#8217;un petit cratère. En bas l&#8217;ascension du jour paraît énorme. Ça a l&#8217;air assez sec aussi. Ça monte dur ! Des vignes poussent dans les terres volcaniques. Puis la végétation change avec des crassulacées, des pissenlits géants et d&#8217;autres plantes. Superbes lauriers qui forment de très beaux arbres dont les racines et les branches méandrent. La vue en contrebas est brumeuse : l&#8217;océan garde son mystère. Régulièrement on croise des marques de l&#8217;activité géologique passée : horizons inclinés, tiraillements dans la roche&#8230; Tout cela est très beau et assez désert. Nous croisons quelques autres randonneurs. L&#8217;arrivée au mirador Jinama est saisissante par le contraste apporté : nous voilà en Irlande dirait-on ! Par contre le vent souffle&#8230;</p>
<p>Pique nique. L&#8217;après-midi le rythme de la balade est plus tranquille. Des murets en pierre volcanique forment des pâturages. Des petits cratères apparaissent ça et là. Tout cela est bien vert et il n&#8217;y a plus trace de la végétation matinale de la falaise. Des vaches et des moutons semblent perdus. Des belles bêtes. Puis on se rapproche de l&#8217;océan. Descente entre deux murets. On arrive à un autre point de vue, le mirador de la Pena. La brume subsiste&#8230; A gauche le paysage est un peu défiguré par les serres, les routes et les habitations. A droite la falaise coule à pic dans la mer. Nous marquons une halte dans un bar avec une vue sublime.</p>
<p>Puis nous reprenons le bus pour rentrer à la pension où s’écrivent cartes postales entre douche et repos. Repas.</p>
<p><em>La Frontera – mardi 23 décembre 2008</em></p>
<p>Lever à huit heures quinze. Petit déjeuner puis départ en bus pour Las Casa. Aujourd&#8217;hui, descente au Roque de Bonanza, symbole emblématique de Hierro, puis Parador Nacional avant de remonter vers le mirador d&#8217;Isora (7km, 5h20 avec pauses, moment culturel et déjeuner, 800m-, 900m+).</p>
<p>Nous croisons sur notre route un marchand de lait. Le chemin que nous devons emprunté est indiqué fermé. Nous le prenons toutefois et avons droit à un « cours » de botanique par Enea, sur les cistes et autres euphorbes&#8230;. La descente vers la mer commence parmi des pins canariens, dont certains à l&#8217;écorce noircie. Ils ont résisté à des feux de forêts. Ceux qui ne sont pas noircis sont très jolis.</p>
<p>La descente se poursuit dans les cailloux. Vue sur l&#8217;océan, tons de bleus, dont bleu turquoise. Des faucons nous survolent. Plus bas des cactus, autres variétés d&#8217;euphorbes. Nous parvenons finalement au Parador Nacional, avec vue sur la mer. A l’entrée de cet hôtel, un laurier rose resplendissant. Nous nous désaltérons là puis pique-niquons un peu plus loin face à l&#8217;océan. Baignade pour une courageuse !</p>
<p>A la remontée j’ai un coup de vide. La randonnée est jolie quand même mais un peu difficile pour moi aujourd’hui. L’arrivée au Mirador d&#8217;Isora est un soulagement. Nous reprenons le bus pour la Frontera et faisons un tour dans le village, notamment au magasin « Tout à un euro » où la télévision canarienne est en train de faire un reportage. Dîner. Retour au terrain de bolas : la plupart des joueurs ont des têtes de mafieux, Enea essaye d’intégrer une des randonneuses comme «championne italienne» et nous nous amusons bien.</p>
<p>Le groupe assez sportif et assez hétéroclite : un guide italien marié à une autrichienne vivant aux Canaries, une femme grippée pas sortie de la semaine, une prof de violoncelle âgée, une petite famille nancéienne, une institutrice ancienne championne d&#8217;aviron, une bavarde ayant gagné suffisamment d&#8217;argent pour ne plus travailler, une parisienne et une réunionnaise.</p>
<p><em>La Frontera – mercredi 24 décembre 2008</em></p>
<p>Départ un peu en retard pour Sabinosa d&#8217;où part la randonnée du jour : Sabinosa, mirador de Los Bascos, Ermita Los Reyes (10km, 5h30, 800m+). Dès le début quatre randonneurs sont un peu à la traîne&#8230; chacun son tour d’être en plus ou grande forme ! De mon côté ça va beaucoup mieux que la veille et je monte tranquillement.</p>
<p>Le chemin est très vert avec des lauriers et des bruyères. Magnifiques arbres entremêlés des racines aux branches. Arrivé au sommet, ça souffle ! Cheiche en mode « homme du désert » ! Le panorama est splendide avec des petits murets. Il pleut par contre&#8230; Le repas se déroule à l&#8217;abri d&#8217;arbres. Ensuite ça se calme et on peut profiter de tous les tons de verts des euphorbes. Puis nous voyons notre premier genévrier millénaire : fabuleux ! L&#8217;arbre est torturé par le vent. Il est courbé. Racines et branchent combattent Eole. Photos à ne pas rater : une forêt fabuleuse et quelque peu rendue mystique par le brouillard qui tombe.</p>
<p>Fin de la randonnée sous la pluie et arrivée à l&#8217;ermitage de los Reyes. Redescente en bus, il fait de nouveau beau. Et quelle lumière ! « Surprises » en descendant : champ de lave après passage dans un cratère, source « miraculeuse » de la santé, champ d&#8217;ananas. Le soir, dîner dans l&#8217;hôtel le plus petit du monde du Guiness Record&#8230; et également au bout de l&#8217;Ancien Monde. Repas surréaliste avec beaucoup de malades. Beaucoup de charme en tout cas pour ce petit restaurant (vagues déferlantes). Deux de nos compagnons nous offrent comme cadeaux de réveillon un marque livre lyonnais et un bandana du Stade Montferrand&#8230;</p>
<p><em>La Frontera – jeudi 25 décembre 2008</em></p>
<p>Aujourd&#8217;hui c&#8217;est Noël ! Petit déjeuner dans le restaurant toujours clos. A table on se compte : quatre partants aujourd&#8217;hui sur l&#8217;intégralité du groupe.</p>
<p>Nous hésitons puis vus les nuages et les 1200m de dénivelé positif nous décidons de passer une journée plus détendue. Geneviève se propose de nous emmener pour un petit bout de chemin avec sa voiture de location.</p>
<p>Catherine se joint à nous. Dépôt à l&#8217;écomusée. C&#8217;est fermé et payant mais comme c&#8217;est Noël il n&#8217;y a personne. L&#8217;écomusée est très mignon : maisons traditionnelles en pierres volcaniques, fleurs et plantes. Nous perdons Geneviève et partons vers l&#8217;océan avec Catherine. Champs d&#8217;ananas, de bananes&#8230; le rythme et le dénivelé sont plus tranquilles ! Arrivés à la Maceta, un peu de détente à observer l&#8217;océan. Les couleurs de bleues sont magnifiques et un arc-en-ciel quasiment complet se pose sur la mer.</p>
<p>Beau cadeau de Noël ! En contrebas il y a des piscines d&#8217;eau de mer protégées par du béton. Objectif : au retour ! Nous prenons la direction de Punta Grande, là où nous dînions la veille. Océan magnifique derrière des champs de lave. Lichens, euphorbes&#8230; Catherine reste en arrière et nous poursuivons jusqu&#8217;à l&#8217;hôtel. Les vagues qui se fracassent contre les orgues basaltiques sont époustouflantes ! Hôtel fermé mais on nous laisse pénétrer dans le salon pour chercher la vis du pied de l&#8217;appareil photo. Rien ! Au retour nous continuons à profiter du soleil et de la « chaleur » (ça change en tout cas de l&#8217;air de montagne et la journée se termine en t-shirt !). Retour à La Maceta par le même chemin mais avec d&#8217;autres points de vue et d&#8217;autres couleurs. Splendide ! A La Maceta, petite baignade fort sympathique. Retour par la route où nous croisons Françoise. Ce soir paella ! Végétarienne pour moi&#8230; ce qui ne pose aucune difficulté. Photos de nuit des décorations de Noël : c&#8217;est curieux des palmiers décorés ! Et puis traditionnel passage au jeu de bolas où trois des nôtres affrontent les canariens. Score sans appel : 12 à 1&#8230; « La vida es tranquilla ! »</p>
<p><em>La Frontera – vendredi 26 décembre 2008</em></p>
<p>Dernier jour sur Hierro. Au programme tout le groupe doit se retrouver aujourd&#8217;hui. Le guide a donc changé le programme : descente à la mer depuis Valverde, la capitale, plutôt que la randonnée circulaire dans la forêt de pins canariens. Dommage pour les pins&#8230; mais sympathique cette faculté d’adaptation du programme.</p>
<p>En tout cas grand soleil et chaleur pour cette dernière randonnée. Agaves, euphorbes&#8230; révision générale ! Dans la descente au loin on aperçoit la Gomerra et Tenerife avec le Teide enneigé. Dans la descente on rate la peinture préhistorique annoncée dans un guide en allemand que j&#8217;ai bien du mal à comprendre avec toutes les indications de direction. Quoiqu&#8217;il en soit la randonné rapide conduit à une piscine devant la mer. Baignade bien agréable avant le déjeuner puis le bus.</p>
<p>Traversée venteuse sur le bateau. Nous arrivons sur Tenerife avec le Teide au dessus des nuages. La violence de l&#8217;« atterrissage au port » est terrible : monde, bouchons&#8230; Restaurant sud américain puis demain lever à cinq heures pour l&#8217;avion à sept heures !</p>
<p>Splendides Canaries, il faudra découvrir tes autres îles !</p>
<p>Nicolas P.</p>
<p>Découvrez notre <a href="http://www.labalaguere.com/voyage,hierro_sauvage.html" target="_blank">randonnée à Hierro</a></p>
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		<title>Extrait de mon récit de voyage de Jordanie</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 12:37:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/>Mardi 15 avril 2008 Deuxième journée à Petra On repart de bonne heure, mais comme on n&#8217;a plus les billets à prendre, et que l’on est livré à nous-mêmes, on fonce. On est quasiment seul dans le Siqh et on redécouvre le Kasneth (le Trésor), que c’est beau, une dame à coté de moi pleure [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/><p>Mardi 15 avril 2008</p>
<p>Deuxième journée à Petra</p>
<p>On repart de bonne heure, mais comme on n&#8217;a plus les billets à prendre, et que l’on est livré à nous-mêmes, on fonce. On est quasiment seul dans le Siqh et on redécouvre le Kasneth (le Trésor), que c’est beau, une dame à coté de moi pleure à chaudes larmes, d’émotion je crois, je n’ai pas honte de le dire, je suis ému, c’est grandiose.</p>
<p>Menu du jour : copieux, 3 randonnées (il y a de quoi faire, le site de Pétra s’étale sur plus de 100 km2).</p>
<p>La première randonnée nous amène au temple des sacrifices par un chemin en escaliers de 400 marches, vue l’heure matinale, on est à l’ombre et c’est tant mieux. Là haut on peut voir les 2 tiers des monuments du site. On profite un moment forcement trop court du spectacle et on redescend par un autre chemin où nous pourrons découvrir des vestiges funéraires et des curiosités comme la fontaine au lion. Quelle superbe balade, ces couleurs de roches, ces points de vues ; inoubliables !</p>
<p>On termine vers 10h30, une pause et on attaque la deuxième marche.</p>
<p>Elle nous fera retourner à la quatrième tombe royale, juste après il y a un immense chemin en escalier de pierre, et c’est reparti. La différence ? Elle est de taille, on est en plein soleil, et ça cogne. Je souffre un peu, et arrivé en haut des marches je me retrouve isolé. Je me trompe de chemin et tombe dans un cul de sac, au moins aurai-je été le seul membre du groupe à apercevoir une sorte de grosse sauterelle jaune et noire . Je retrouve le bon itinéraire et arrive à rejoindre les autres. Le but de cette randonnée est de dominer le Trésor, et de le voir de 100 mètres de haut. On pique-nique là, on découvre de magnifiques lézards avec des couleurs incroyables. Plein les yeux encore une fois. On lève le camp vers 13h30, de retour en bas on fait une pause en buvant du thé à la menthe et une heure plus tard on attaque la troisième et dernière partie de notre périple.</p>
<p>Deux des membres du groupe ont déclaré forfait (ils le regretteront), on se dirige vers le point de départ n°2, et on continue en empruntant ce qui ressemble à un vague sentier. Il fait très chaud, 35° je pense, heureusement c’est plat. Le but est de contourner le Siqh, et de retrouver l’entrée principale du site  de Pétra, par un chemin très peu utilisé. En fait nous allons marcher sur l’ancien canal qui amenait l’eau à la cité, mais à cette époque de l’année, pas la trace de la moindre flaque d’eau. On est sur la bonne voie, on passe d’abord par une gorge très étroite avec des passages à escalader sympathiques. Ca rigole bien, à un moment sans l’aide de Maggy, je n’y serais jamais arrivé, heureusement, il n’y a pas eu de photos, en fait il a fallu que je me déplace style éléphant de mer sur la banquise, et cela vous aurait fait trop rire, je préfère vous laisser imaginer. Le sentier s’élargit ensuite, et nous profitons pleinement de cette randonnée. On est à l’ombre, il fait presque frais, on est seul, le bonheur ! On atteint sans encombre l’arrivée de cette dernière balade, tout le monde est ravi malgré les 8 heures de marches.</p>
<p>Demain on quitte Pétra qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, direction le désert du Wadi Rum, sur les traces de Lawrence d’Arabie, pour deux nuits en bivouac, on vous racontera …</p>
<p>Jean Marc Alleron</p>
<p>Découvrez les <a href="http://www.labalaguere.com/destination-jordanie.html" target="_blank">treks en Jordanie</a> de La Balaguère, en toute liberté ou en accompagné</p>
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		<title>Une journée au Cap Vert</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 10:00:37 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/>Vendredi 27 octobre 2006                                                          Pico da Cruz – Pontinha de Janela Aujourd&#8217;hui le lever est à huit heures comme hier matin. Hier au soir, au moment de nous séparer, Xavier nous avait dit que s’il ne faisait pas beau nous ne ferions pas la randonnée prévue car celle-ci est difficile et pénible quand il pleut, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/><p>Vendredi 27 octobre 2006                                                          Pico da Cruz – Pontinha de Janela</p>
<p>Aujourd&#8217;hui le lever est à huit heures comme hier matin.</p>
<p>Hier au soir, au moment de nous séparer, Xavier nous avait dit que s’il ne faisait pas beau nous ne ferions pas la randonnée prévue car celle-ci est difficile et pénible quand il pleut, les pavés qui recouvrent la plupart des chemins sont humides et surtout glissants dans les descentes&#8230; Ce matin le temps n’est pas au beau. Xavier décide donc de modifier l’itinéraire de la journée. L’arrivée de Tony, notre chauffeur, change les données, Tony annonce à Xavier qu’il fait beau au col et c’est sur ce témoignage que nous allons entreprendre notre folle équipée au milieu des&#8230; et des&#8230; mais rien ne presse, ne soyez pas impatients je vais tout vous raconter&#8230; dans le détail.</p>
<p>Départ à bord du petit taxi rouge à neuf heures par la route de Ribeira de Grande puis Corda, Espongeiro, Cava de Paul où nous avons débuté la rando, hier. Continuation par le Pico de Cruz. Nous commencerons notre randonnée à 1250m en montant jusqu’à Cha de Tosmia en voiture et nous la terminerons par une descente de 1400m, à pied, bien sûr… Auparavant nous faisons un stop à mi-parcours et nous pouvons admirer de part et d&#8217;autre de la route deux à-pics impressionnants. La végétation est luxuriante ce qui justifie grandement le nom du « Cap Vert ». Malheureusement le ciel est bouché, nous sommes encore au-dessous des nuages. Le soleil tarde à percer. Après le passage de Cova de Paul, Tony prend une route qui est un peu plus étroite et qui parfois surplombe le vide de chaque côté. La pluie commence à faire son apparition, ce qui ne nous réjouit pas. Après avoir descendu quelques lacets Tony nous laisse à notre sort au milieu de nulle part à l&#8217;entrée d&#8217;un chemin.</p>
<p>Après le départ de Tony il ne nous reste plus qu&#8217;à entreprendre notre folle randonnée&#8230; La pluie peu abondante jusqu’à présent, s’intensifie. Xavier est le premier à sortir son vêtement de pluie. Nous faisons comme lui avec un bel ensemble. Une petite photo avant le départ nous montre habillés de toutes les couleurs mais sous soleil et pluie mêlés. La descente débute tout aussitôt, 1400 mètres de dénivelé en descente puis peu avant l’arrivée 200 ou 300 mètres en montée, une bonne randonnée en perspective car en ce qui me concerne je n’ai jamais fait un dénivelé aussi important, en descente.</p>
<p>Dans le groupe il y a six personnes du même club, Louis et Bianca, Alain et Jacqueline, Pierre et Claude qui ont l&#8217;habitude de ce genre de descente. Leurs conseils me sont d&#8217;un grand secours. Louis, qui sert de serre-fil, m’aide de ses conseils tout au long de la descente. Je me suis souvent retrouvé en queue, non à cause de mes prises de vues multiples mais à cause d’arrêts prolongés dans la descente lors de passages délicats.</p>
<p>Nous marchons pendant plus d’une demi-heure sur un chemin plutôt terreux qui n&#8217;a pas trop de difficultés. Dans un virage nous nous retrouvons en face d’une petite maison, une femme seule y habite, elle nous invite tous à entrer chez elle pour nous mettre à l&#8217;abri et nous reposer. Nous restons cinq minutes et apprécions cette hospitalité naturelle qui est très habituelle chez les cap-verdiens et en particulier les habitants de Santo Antao, cette femme, aux yeux remarquablement bleus nous raccompagne un petit bout de chemin, nus-pieds ! Nous nous retrouvons en partie dans les nuages puisque cette fois-ci nous avons atteint leur limite. Nous ne pouvons pas  profiter pleinement des paysages qu’ils  nous masquent malheureusement, mais ils doivent sans aucun doute être magnifiques. Au hasard de notre chemin le paysage s&#8217;évanouit dans les profondeurs au-dessous de nous. Certains passages en crête laissent très peu de place de chaque côté de l’étroit chemin. Cela nous évite peut-être d&#8217;avoir à certains moments la peur du vide.</p>
<p>À midi vingt nous nous arrêtons pour manger à flanc de montagne avec à peine l&#8217;espace pour nous asseoir. Au menu ce midi un pain brioché, des tomates, du thon, bien sûr, des sardines et du choux (car Xavier n&#8217;avait pas trouvé de salade au marché ce matin) fromage, orange, gâteaux et enfin café. La pause est d&#8217;assez courte durée et le ciel moins menaçant nous permet d&#8217;enlever nos vêtements de pluie, vestes ou ponchos pendant le déjeuner. Xavier sonne le départ trente minutes plus tard et nous revêtons à nouveau nos vêtements de pluie pour poursuivre notre descente.</p>
<p>Trois heures restent avant notre arrivée en bord de mer, la pluie recommence à tomber par intermittence, l&#8217;horizon est toujours aussi bouché. Nous arrivons au début d&#8217;un chemin entièrement pavé de galets, l&#8217;inclinaison nous incite à redoubler de prudence. Xavier explique comment aborder la descente sur ces pavés glissants : toujours être de face, les genoux fléchis, le corps en arrière comme si on voulait s&#8217;asseoir, pas facile quand même, et surtout toujours avancer par petits pas le regard toujours en avance pour repérer le prochain appui ferme sur lequel on va poser le pied. Mes bâtons sont les troisièmes et quatrièmes pieds pour cette descente. Je réussi tout de même à prendre quelques photos qui retardent encore ma progression digne d’un escargot jusqu&#8217;au moment où je me sens guetté. Xavier me demande de le suivre et c&#8217;est vrai qu&#8217;en le regardant progresser je peux répéter ses pas et m&#8217;en sortir de façon plus honorable. Ce chemin est magnifiquement pavé, certains tronçons entre deux virages font environ 20 mètres de long avec une pente de plus de 30° et bien sûr avec un sol mouillé, les glissades deviennent plus fréquentes pour tous. Quelques herbes entre les galets permettent de temps en temps d’assurer un peu plus un pied et nous aide à progresser. Nous descendons les 500 derniers mètres de cette façon. De temps en temps je sens une bouffée de chaleur qui monte en moi,  ma veste de pluie n’arrange  rien car c’est mouillé des pieds à la tête et transpirant de surcroît que j’arrive au minibus.</p>
<p>Au fait aujourd&#8217;hui c&#8217;est mon anniversaire, beau cadeau que cette  randonnée et je suis sincère en vous le disant, je m&#8217;en souviendrai, et d’ailleurs je la revis en vous l’écrivant.</p>
<p>Ce matin au petit déjeuner, Danielle (belge de son état) est venue me souhaiter mon anniversaire suivie de toutes les autres femmes qui s’étaient données le mot. Josette la lyonnaise, Michèle, bretonne de Morlaix, Bianca, Claude et Jacqueline de la région parisienne. Ce soir nous fêterons mon anniversaire et les « un an » de ma retraite.</p>
<p>Nous finissons par atteindre le fond de la vallée où nous découvrons des maisons habitées. Hommes, femmes et enfants nous accueillent à chaque fois avec le sourire. Parfois un enfant dit « photo », c&#8217;est un mot que je connais bien, et lorsque je sors l’appareil-photo du sac les enfants s&#8217;agglutinent en souriant pour être photographiés ; le sourire est une seconde nature chez ces enfants. Ils sont heureux de se voir et collent leur tête les unes contre les autres pour voir leur visage sur le petit écran.</p>
<p>Nous arrivons dans le village de Pontinha de Janela où il y a des travaux de voirie. Xavier nous explique qu&#8217;une nouvelle route est en construction car celle de Porto-Novo ne permet pas à de gros camions de se croiser. Par ailleurs une nouvelle route, celle-ci côtière favorisera le développement des villages de bord de mer. Le minibus et Tony nous attendent à côté d&#8217;un bar et c&#8217;est maintenant traditionnel nous prenons une bière bien méritée.</p>
<p>Nous avons marché près de six heures et je suis sincèrement content d&#8217;être arrivé à bon port sans bobo car la descente sur les pavés glissants était vraiment problématique. Nous avons été longtemps accompagnés par un capverdien qui lui descendait le chemin chaussé de tongues ! le plus facilement du monde. Après nous avoir rejoint et dépassé dans notre descente il se mettait dans une anfractuosité de la montagne pour nous regarder descendre les uns après les autres. Peut-être est-ce par « charité chrétienne » pour pouvoir aller appeler des secours au cas où&#8230;, ou tout simplement pour assister à un spectacle gratuit et burlesque de gens qui partaient en glissade sur les fesses. Nous étions tels  des pantins essayant, à chaque glissade et à grand renfort de contorsions, de rétablir notre équilibre.</p>
<p>Le retour à la pension en minibus dure environ 20 minutes et au grand soulagement de tous, une douche réparatrice est la bienvenue. Côté douleur, les cuisses commencent à s’habituer, le devant des jambes aussi, une petite douleur, cependant, au pied gauche au niveau du coup de pied. Une grande envie de dormir  tout de même, après la douche je lave quelques affaires et je vais récupérer celles étendues ce matin et qui auraient du être sèches si une averse ne les avait pas retrempées. J&#8217;ai tout de même étendu mon linge en souhaitant que la nuit ne soit pas pluvieuse.</p>
<p>À 19 h 10, au moment où j’étais en train d’écrire « la naissance de la nouvelle route côtière » il y a une coupure d&#8217;électricité le temps de récupérer ma lampe frontale et c&#8217;était l&#8217;heure de rejoindre le groupe pour dîner. Nous sommes partis en minibus pour la ville côtière de Crazinhas de Garcia où nous avions terminé notre randonnée hier. Xavier nous emmène dîner chez une connaissance à lui qui a ouvert un restaurant-bar-pension de famille et sert de guide, à l’occasion, enfin un français semble-t-il assez débrouillard qui a le sens des affaires, un français dénommé Blaise.</p>
<p>Arrivés à notre point de destination les tables extérieures sont occupées par des touristes. Nous suivons Blaise dans un dédale de couloirs et d’escaliers et nous finissons par arriver au toit où nous découvrons un espace couvert de canisses et une table pour environ 20 convives. Xavier commande un verre de « champrote » (écriture phonétique), apéritif à base de grogue et de sirop de canne à sucre ou de mélasse, mais je pense que maintenant vous connaissez la composition. Ensuite nous prenons une soupe de poissons très agréable suivie comme plat principal d&#8217;un poisson. Un maquereau accompagné des légumes traditionnels, de morceaux de poulet pour satisfaire les plus affamés que la petite promenade d&#8217;aujourd&#8217;hui a pu épuiser toutes les calories. Nous terminons par une salade de fruits à base de papaye.</p>
<p>Au dessert Blaise arrive avec une bougie allumée et tout le monde entame le traditionnel « bon anniversaire Jean-Claude », Xavier ajoute sa touche en le disant aussi en créole. Premier anniversaire de l&#8217;an un de ma retraite passé en très bonne compagnie loin de mes enfants mais proches par le cœur. J&#8217;ai pensé à vous tous mes enfants Isabelle, Éric, Antoine, Léo, Philippe, Line et aussi à Jacqueline qui aurait aimé ce pays. J’ai sorti la bouteille de grogue achetée deux jours plus tôt et nous l’avons vidé à notre santé – c’est pour cela que vous n’en avez pas vu la couleur, de toute façon vous n’en auriez malheureusement pas vu la couleur, mais n’anticipons pas sur ce qui s’est passé plus tard. En sortant du restaurant des jeunes gens jouent de la guitare, tambourins et crécelles. Le retour se fait sans Xavier car il est resté avec son ami.</p>
<p>En arrivant à Ribeira de Grande nous apercevons une petite place d&#8217;où provient de la musique. Nous décidons d&#8217;y aller faire un tour, mais malheureusement la musique et les chants se sont tus et nous apercevons une cinquantaine de jeunes gens assis sur des gradins en train de regarder la télé sur un grand écran tout en faisant des commentaires, tout cela bon enfant. Nous faisons un petit tour de ville et rentrons sagement pour une nuit réparatrice.</p>
<p>Jean Claude Dolet</p>
<p>Découvrez <a href="http://www.labalaguere.com/voyage,sur_les_chemins_metissage.html" target="_blank">sur les chemins du métissage, randonnée au Cap Vert</a>, un séjour La Balaguère</p>
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		<title>De l&#8217;Ourika à la vallée du Zat</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 08:41:04 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/>De l&#8217;Ourika à la vallée du Zat (Haut Atlas marocain) &#8211; 09/2008 Si je devais faire un petit bilan de mon séjour au Maroc&#8230; En choisissant un &#171;&#160;trek&#160;&#187;, je m&#8217;étais lancée un petit défi personnel, au niveau de l&#8217;endurance surtout, et de ma peur des araignées, ensuite (!)&#8230; Mais finalement, on trouve en soi des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/><p>De l&#8217;Ourika à la vallée du Zat (Haut Atlas marocain) &#8211; 09/2008</p>
<p>Si je devais faire un petit bilan de mon séjour au Maroc&#8230;</p>
<p>En choisissant un &laquo;&nbsp;trek&nbsp;&raquo;, je m&#8217;étais lancée un petit défi personnel, au niveau de l&#8217;endurance surtout, et de ma peur des araignées, ensuite (!)&#8230; Mais finalement, on trouve en soi des ressources dont on n&#8217;a pas forcément conscience au départ. Il n&#8217;est pas besoin d&#8217;être un &laquo;&nbsp;baroudeur&nbsp;&raquo; pour ce type de circuit, et je le conseille à ceux qui souhaitent mieux découvrir un pays et sa culture, la seule condition étant d&#8217;être en bonne santé et pas trop à cheval sur le confort (encore que, la rivière peut être un excellent spa&#8230;!).</p>
<p>C&#8217;est également l&#8217;occasion de remettre certaines valeurs à leur place, à commencer par celle de l&#8217;eau.</p>
<p>C&#8217;est fou comme la mode du jean &laquo;&nbsp;vintage&nbsp;&raquo; ou la dangerosité des passages à niveau (question chère au président cet été) nous paraissent futiles tout d&#8217;un coup, quand pendant une semaine, on a vécu sans portable, sans télévision, sans électricité&#8230; et qu&#8217;on s&#8217;en porte bien, finalement !!!</p>
<p>J&#8217;ai aussi beaucoup apprécié l&#8217;attention apportée au respect de l&#8217;environnement, chaque bivouac ne laissant que quelques pelures de légumes derrière lui.</p>
<p>Pourtant, mon séjour a commencé par une &laquo;&nbsp;petite claque&nbsp;&raquo;. Lors de ma première après midi à Marrakech, j&#8217;ai eu le sentiment que marocains et touristes, même s&#8217;ils se côtoient dans une apparente bonne humeur, sont sur deux planètes différentes. Certes les touristes symbolisent la richesse, et il est logique qu&#8217;ils attirent la convoitise. Mais je constatais aussi que, en conséquence, les relations restaient très superficielles, et basées sur l&#8217;aspect marchand. Et que pour percer cette frontière invisible, cela ne doit pas être si simple, à moins de connaître du monde sur place.</p>
<p>L’expérience du trek est différente. Petit groupe, vie en collectivité, on apprend à se connaître petit à petit. Mais cela reste un vrai travail, tant les modes de vie marocains et français sont différents. Il est facile de commettre des gaffes par ignorance, ce qui est apprécié pour nous pouvant ne pas l&#8217;être pour nos amis marocains et/ou musulmans, et inversement.</p>
<p>Un peu comme lorsque j&#8217;ai proposé une veillée chants, dans l&#8217;esprit des colonies de vacances où l’on passe un bon moment autour d’un feu de camp. Je pensais que nos accompagnateurs pourraient apprécier de nous faire partager des chants berbères. J’ai alors appris que chanter n’était pas très bien considéré par l&#8217;islam, et la musique réservée pour les événements festifs, comme les mariages.</p>
<p>Comme le groupe était constitué de gens ouverts et désireux de se connaître les uns les autres, je trouve pour ma part que tout s&#8217;est bien passé. Ce voyage restera une belle aventure sportive et humaine. Je regrette un peu de partir alors que je commençais juste à trouver mes repères dans ce pays attachant et haut en couleurs.</p>
<p>Merci Balaguère</p>
<p>Maryse Breysse<strong> </strong></p>
<p>Découvrez notre trek : <a href="http://www.labalaguere.com/voyage,vallees_zat_lourika_dimlil_plateau_yagour.html" target="_blank">Vallées du Zat, de l&#8217;Ourika, d&#8217;Imlil et plateau du Yagour</a></p>
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		<title>Une journée dans les gorges du M’Goun</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Aug 2010 09:27:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/>Nous sommes soudainement tirées de notre sommeil par le réveil … « bip, bip » (merde, mais il est où ce réveil ?!&#8230;) « bip, bip » (ah bah non, pas sous l’oreiller) « bip, bip » (là non plus ?!) « bip, bip » (de toute façon il sera forcément dans le dernier endroit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/><p>Nous sommes soudainement tirées de notre sommeil par le réveil … « bip, bip » (merde, mais il est où ce réveil ?!&#8230;) « bip, bip » (ah bah non, pas sous l’oreiller) « bip, bip » (là non plus ?!) « bip, bip » (de toute façon il sera forcément dans le dernier endroit où je vais le chercher) « bip, bip » (les choses sont contre moi aujourd’hui !) « bip, bip » (mais où a-t-il bien pu se carapater ?) « bip, bip » (en fait il est juste là). Qui plus est, une autre montre prend la relève (au cas où nous n’aurions pas encore été assez réveillées)… Le jour se lève dans le Haut-Atlas marocain. Youssef, le cuisinier, pousse un détonnant « Cocorico ! ». Après quelques confitures et « Vache qui rit » allégrement arrosées de thé à la menthe, il s’agit d’immerger pieds et jambes dans les remous frisquets du M’Goun (« Yallah ! »). Le soleil ne pénètre pas encore dans les gorges à cette heure aurorale. C’est dans l’ombre que nous évoluons sur les galets inégaux qui tapissent le lit du torrent.<br />
Les gorges se resserrent jusqu’à devenir très étroites, les hautes parois rocheuses nous enserrent. Leurs couleurs, révélées par les premiers rayons solaires, sont magnifiques, jaune, ocre, rouge, orange, brun. Du haut des falaises, un passage construit il y a bien longtemps s’évapore dans les sommets et nous contemple. Fait de pierres, de cordes, de rondins, taillé dans la roche, il permettait aux hommes et à leurs mules de circuler entre les vallées.<br />
Alors que nous sommes absorbées par ce mirifique spectacle, nos hôtes berbères nous tendent une embuscade, dissimulés derrière un rocher propice. Cuisinier, muletiers et guide ont savamment préparé leur attaque. Dès que nous pointons le bout de nos chaussures, nous sommes tirées de notre ravissement par de multiples éclaboussures. Nous reprenons rapidement nos esprits et engageons séance tenante notre riposte. Tous les membres du groupe sont mis à contribution, et une joyeuse bataille s’ensuit, illuminant l’air matinal de sémillantes gouttelettes. Certains en perdent leurs lunettes de soleil. D’autres sont impitoyablement plongés dans les flots. Toutefois, notre condition spongieuse n’entrave en rien notre progression et s’avère même salvatrice au fur et à mesure que le soleil poursuit sa course ardente.<br />
Quelques pérégrinations aqueuses plus loin, dans un coude du torrent, nous rejoignons une petite plage, égayée par une échoppe pittoresque. Notre collation, cuisinée par Youssef, se compose de crudités et de riz, que nous dégustons à l’ombre ténue d’un odorant genévrier. Ses doux effluves enchantent notre repas. Alanguis par la chaleur, nos compagnons font la sieste. Nous profitons de ce moment de répit pour inspecter les environs. La boutique attire notre regard, et nous allons saluer son marchand, en pleine action de maquillage. Curieuses, nous approchons. Le jeune homme servant de modèle lève vers nous un regard charbonneux. Cette poudre minérale noire est en fait du khôl. Nous finissons par nous laisser tenter par cet instant d’esthétique, un léger picotement soulignant nos paupières. L’homme nous prête également des foulards colorés et un châle. Fières de notre nouvelle apparence, nous retournons près des dormeurs. Non sans être remarquées alentours, nous prenons la pause en compagnie de nos compatriotes berbères. C’est alors qu’ils nous baptisent de noms locaux. Naïma (l’autruche, qui est belle et décorative… Ou bien le paradis, ce qui est tout de même, notons bien, beaucoup mieux) et Zara (la fleur). Nous sommes désormais de vraies « belles gazelles ».<br />
Après cet épisode, nous continuons notre descente précédés par les mules qui portent nos affaires. Notre périple se déroule sans encombre. Nous aboutissons finalement à notre campement situé sur un plateau, balayé par un vent chaud. Nous nous réfugions dans la tente commune, et Omar nous pose une devinette :<br />
« Celui qui m’a mis ici n’est pas d’ici,<br />
Si tu me manges, il te mangera aussi,<br />
Qui suis-je ? »<br />
Nous mettons nos méninges en action et partageons nos hypothèses. En pleine réflexion, nous sommes rejoints par Youssef qui apporte un plat fumant de beignets accompagnés par le traditionnel thé à la menthe. C’est l’heure du goûter (« Bisaha oraha ! »). Après une semaine de marche dans les montagnes, nous sommes très touchés par cette attention gourmande, d’autant plus qu’il a dû se rendre au village suivant pour se procurer de la farine. Toute l’équipe attirée par les fragrances sucrées se regroupe autour de l’encas. La fin d’après midi est tout d’abord consacrée à la toilette dans le torrent en contrebas dont la température est maintenant agréable. Revigorées par ces ablutions bucoliques, nous explorons les collines avoisinantes et nous nous reposons sur l’une d’elles. Eole n’en fait qu’à sa tête et nous prêtons main fortes à nos compatriotes pour lester les tentes avec des cailloux. C’est en soulevant l’un d’eux, que nous faisons la rencontre fortuite d’un scorpion. On nous avait bien prévenues, pourtant. Nous sommes médusées devant la vitesse de déploiement de cet invertébré doré. Omar nous rassure, seuls les spécimens noirs sont létaux.<br />
Le soir tombe, Youssef nous appelle pour le diner. Tout le monde s’installe en cercle sous la tente pour déguster le repas. Les tajines sont délicieux. Petits pois, courgettes savoureuses, poulet, le tout mijoté pendant plusieurs heures avec le mélange d’épices « Ras el Hanout » dans les célèbres plats coniques. Pour clore ce festin, des quartiers d’oranges délicatement saupoudrés de cannelle enchantent nos papilles. La journée s’achève par un concert improvisé par les muletiers qui accompagnent leurs chants de percussions de fortune (casseroles). Les convives, conquis, se trémoussent au son des ces sonorités autochtones. Rires et musiques s’envolent dans le vent crépusculaire.<br />
Nous regagnons notre tente pour un repos bien mérité. « Wok wok ati walin »<br />
Réponse à la devinette : il s’agit du ver sur l’hameçon du pêcheur qui s’adresse au poisson.<br />
Lexique berbère :<br />
« Yallah ! » : Allez !<br />
« Bisaha oraha ! » : Bon appétit !<br />
« Wok wok ati walin » : La vie est belle</p>
<p>Alice Renaudat</p>
<p><a href="http://www.labalaguere.com/voyage,traversee_nord_sud_ait_bougmez_sommet_gorges_mgoun.html" target="_blank">Trek Aït Bougmez, Sommet et gorges du M&#8217;Goun</a> au Maroc : découvrez le séjour !</p>
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		<title>La jungle sans retour</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Aug 2010 10:06:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>balablog</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/>Chère Balaguère, Le chat sur les genoux, les charentaises aux pieds, blottis au creux de notre fauteuil, le 3 juin 2009, entre le journal de 20h et le film du dimanche soir, nous cliquâmes chacun de notre côté : « oui, j’accepte ». Nous étions alors sur votre site, au chapitre des Randonnées. Que d’inconscience ! Tout cela basé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/><p>Chère Balaguère,</p>
<p>Le chat sur les genoux, les charentaises aux pieds, blottis au creux de notre fauteuil, le 3 juin 2009, entre le journal de 20h et le film du dimanche soir, nous cliquâmes chacun de notre côté : « oui, j’accepte ».</p>
<p>Nous étions alors sur votre site, au chapitre des Randonnées.</p>
<p>Que d’inconscience !</p>
<p>Tout cela basé sur une photo d’un marché aux fleurs bucolique et d’un nom de randonnée : <a href="http://www.labalaguere.com/voyage,jardin_latlantique1.html" target="_blank">Le jardin de l’Atlantique</a>.</p>
<p>Monsieur le directeur de La Balaguère, permettez nous d’exprimer notre étonnement quand la réalité nous apparut en pleine face.</p>
<ol>
<li> Vous parlez de jardin de l’Atlantique. L’Atlantique, d’accord, nous l’avons vu et pour certains bien bu. Mais JARDIN, est ce le bon terme ?</li>
</ol>
<p>Pourquoi avoir laissé tant de cailloux sur les chemins ? Il nous a fallu attendre J12 pour enfin apprécier la belle moquette verte sur les sentiers.</p>
<p>Il vous reste encore bien du travail pour enlever les cailloux de votre jardin.</p>
<ol>
<li> Dans un jardin, la logique voudrait que toutes les herbes aromatiques soient au même endroit, c’est quand même plus pratique pour cuisiner. Dans votre jardin, même si d’après vous, « chaque pas nous rapproche » :
<ol>
<li>Il faut faire 1200 mètres de dénivelé négatif pour trouver le persil.</li>
<li>Aller à l’autre bout de l’île, faire 900 m de dénivelé positif dans la brume pour trouver du thym.</li>
<li>Risquer sa vie pour cueillir l’origan, au bord d’un précipice, à 20 km de toute habitation.</li>
<li>Retourner face sud de l’île, 1 heure de transfert, changement d’hébergement, 800 dénivelé positif, 1500 négatif pour trouver l’oseille.</li>
<li>Pour le laurier, vous avez un peu poussé le bouchon bien loin. Une feuille suffit pour un rôti, il n’était pas nécessaire d’en planter une forêt entière.</li>
<li>Et la ciboulette ? Toujours pas vu. Est-ce prévu à J35 ? Comment fait-on pour notre omelette ?</li>
<li>Vous nous avez vexés pour le pissenlit. Nous ne sommes pas bigleux. Il n’était pas utile d’en planter de si grands.</li>
</ol>
</li>
</ol>
<ol>
<li>Une chose nous taraude encore. Vous avez jugé bon de qualifier cette randonnée de «  Facile, sans difficulté technique ».</li>
</ol>
<p>Monsieur le directeur, l’avez-vous faite cette randonnée ?</p>
<p>Pour vous :</p>
<ol>
<li>Marcher au bord d’un précipice où chaque pas peut être fatal, au-dessus d’une forêt où des squelettes de randonneurs se décomposent sous nos yeux : est-ce une randonnée facile ?</li>
<li>Déambuler dans un tunnel obscur, entre des parois déchirant nos frêles épaules et un torrent capable de nous engloutir : est-ce une randonnée facile ?</li>
<li>Gravir des cols, jour après jour, collés aux rochers saillants, les pierres nous roulant sous les pieds : est-ce une randonnée facile ?</li>
<li>Les médias ont fait tout un foin du tsunami asiatique. Quel drame en effet. Alors que nous, poignée de français, naïfs, seuls, loin de toute caméra, étions prisonniers de l’Océan. Nos minutes étaient comptées. Faisant fi de toutes préoccupations intérieures, il a fallu en quelques secondes, selon un ordre de passage méthodique, braver les éléments naturels.</li>
<li>Que ce soit difficile pour nous, client, soit. Nous avons payé. Mais, votre guide, Monsieur le directeur, y avez-vous songé ? Petit bout de femme, à la fleur de l’âge, deux enfants en bas âge à son actif, être englouti sous des genets de deux fois sa taille, sans repère aucun, sans assistance respiratoire !  La prochaine fois, prévoyez des bouteilles à oxygène, que diable.</li>
</ol>
<p>Mais nous avons marché sans broncher, sans nous révolter. Chaque matin, malgré nos orteils meurtris, nous enfilâmes nous chaussures. Avec l’angoisse de ne plus revenir vivant, de ne plus revoir nos proches.</p>
<p>Il ya eu des blessures, visibles et invisibles, le sang a coulé, les chevilles sont cédés,  mais nous n’avons jamais renoncé.</p>
<p>Ceci Monsieur le directeur, nous le devons à Céline, notre fidèle accompagnatrice.</p>
<p>Bravant les ronces et les chemins escarpés, elle n’a pas ménagé ses efforts pour que cette jungle nous soit accessible. Secouriste, météorologue, botaniste, son sourire, sa gentillesse, sa bonne humeur nous ont aidé à traverser les chemins les plus raides, les tunnels les plus sombres, les cols les plus haut.</p>
<p>Alors voilà, Monsieur le Directeur, à l’aube de notre retour vers la civilisation nous vous laissons encore une fois avec cette supplication. N’appelez plus cette randonnée «  la Jardin de l’Atlantique » mais «  La jungle sans retour ».</p>
<p>Et surtout, si vous voulez que nous acceptons encore une fois de voyager avec La Balaguère, demandez à Céline de nous accompagner, elle est la meilleure !</p>
<p>Recevez Monsieur le Directeur, l’expression de nos cordiales salutations.</p>
<p>Un groupe de Randonneur inconscients (mais néanmoins ravis).</p>
<p>Martine Nussbaumer</p>
<p><a href="http://www.labalaguere.com/voyage,jardin_latlantique1.html" target="_blank">Randonnée à Madère</a> : le Jardin de l&#8217;Atlantique, 15 jours.</p>
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		<title>Nos premiers pas sur le Chemin de Compostelle</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Aug 2010 10:36:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>balablog</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/>L&#8217;affectif et le mystère, l&#8217;imaginaire et l&#8217;infinité du chemin, guident la démarche vers l&#8217;éternité St Jacques de Compostelle 2006 A Marie-France, mon petit coach des collines, des plaines et des bois, Février 2007. Une idée, germe d’aventure Il est quinze heures, je regarde la télévision buvant un chocolat chaud. Janine (ma femme) est au Bridge. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/><p>L&#8217;affectif et le mystère, l&#8217;imaginaire et l&#8217;infinité du chemin, guident la démarche vers l&#8217;éternité<br />
St Jacques de Compostelle 2006<br />
<em>A Marie-France, mon petit coach des collines, des plaines et des bois, Février 2007.</em></p>
<p><strong>Une idée, germe d’aventure</strong></p>
<p>Il est quinze heures, je regarde la télévision buvant un chocolat chaud. Janine (ma femme) est au Bridge. Je m’amuserai un peu au piano, et l’après-midi sera très calme.<br />
Le téléphone sonne, je suis surpris mais décroche sans précipitation.<br />
&laquo;&nbsp;Allo, j’écoute&nbsp;&raquo;. Ah, c’est Marie-France (l’aînée de mes deux filles) &laquo;&nbsp;comment ça va ?&nbsp;&raquo;.<br />
La discussion s’engage sans objectif défini. Au cours de l’échange, je glisse sans savoir pourquoi &laquo;&nbsp;le chemin de Compostelle&nbsp;&raquo;, puis la conversation se termine par les civilités d’usage.<br />
Quelques jours après, nous sommes en juin, nouveau coup de fil de Marie-France qui me dit : &laquo;&nbsp;Au fait, je t’envoie la doc sur le chemin de Compostelle, tu me diras ce que tu en penses ?&nbsp;&raquo;<br />
Je reçois la doc, je lis et en parle à Janine.<br />
&laquo;&nbsp;Oh, on peut voir. » dis-je, « je ferais bien ça pour elle.&nbsp;&raquo;<br />
Janine répond : « Mais, elle le fait pour toi ! …&nbsp;&raquo;<br />
Ah ? Piégé, je reste coi.<br />
Après quelques jours, nouveau coup de téléphone :<br />
&laquo;&nbsp;Alors ? Tu es partant ?&nbsp;&raquo;<br />
&laquo;&nbsp;Heu … &laquo;&nbsp;.<br />
Un &laquo;&nbsp;Oui ?&nbsp;&raquo; coupe le reste de ma réponse et reprend :<br />
&laquo;&nbsp;Tu t’achèteras des chaussures de marche de qualité, une pointure au-dessus de ta taille, des chaussettes de marche et un sac à dos. Pour le pantalon, ne prends pas un jean, c’est trop épais, il ne pourra pas sécher pendant la nuit.&nbsp;&raquo;<br />
En confiance, je m’exécute.<br />
Dans un magasin de sport, j’achète des chaussures en GORE-TEX, une taille plus grande, des chaussettes doublées et je fais l’impasse sur le sac à dos, car j’en ai un, cadeau d&#8217;un supermarché (1ère erreur).<br />
La décision est prise, nous retenons deux places au voyagiste (‘La Balaguère), trajet : LE PUY EN VELAY &#8212;&#8212; NASBINALS.<br />
On paie et on décide, enfin…elle décide peut-être pas par hasard que l’équipée se fera la semaine du 11 au 17 septembre, période de mon anniversaire.<br />
Suivant ses conseils, mon entraînement commence le 3 juillet : tous les deux jours, je fais 10 kms autour d’un parc de loisirs (le parc d’Isle). J’essaie 15, j’essaie 20 kms avec plus ou moins de bonheur. Avant tout, se faire aux chaussures.<br />
En août, l’entraînement continue.<br />
Par précaution, je vais voir mon médecin pour lui parler de mes projets. Il semble conquis par cette initiative, mais par précaution, il me prescrit des radios des hanches et des genoux.<br />
En fin de consultation, il me dit : &laquo;&nbsp;votre entraînement n’est pas bon !&#8230; il ne faut pas faire de &laquo;&nbsp;plat&nbsp;&raquo;, mais des montées et des descentes.&nbsp;&raquo;<br />
Je reste perplexe … et modifie mon entraînement : je fais 8 fois la montée et la descente d’une grande rue, ce qui inquiète quand même les passants surtout ceux promenant leur chien car ils me voient passer plusieurs fois dans les 2 sens….. Je les comprends.<br />
Plus le jour approche, plus l’angoisse monte.<br />
La crainte de ne pas être à la hauteur et d’être obligé de finir le parcours en prenant la navette&#8230;<br />
La peur d’un claquage, d’une foulure, des ampoules aux pieds, d’une entorse ou de finir le parcours de nuit…<br />
En somme, que des choses négatives qui font que mes nuits deviennent &laquo;&nbsp;plus blanc que blanc&nbsp;&raquo; .</p>
<p><strong>Dimanche 10 septembre 2006</strong></p>
<p>Le jour J-1, Marie-France arrive à Lesdins venant de Mulhouse. Nous passons l’après-midi à lire le livret technique qui nous est alloué. La confiance remonte, le moral aussi !<br />
.</p>
<p><strong>Lundi 11 septembre</strong><br />
Objectif : Lesdins &#8212;&gt; Le Puy en Velay.<br />
Jour J. Réveil à 6 heures, nous prenons un bon petit déjeuner. La voiture est chargée des 2 sacs de 15 kgs autorisés, des 2 sacs à dos et des 2 bâtons de marche coupés dans un noisetier de la propriété. Ils sont cerclés par un bout de tuyau de cuivre et ferrés avec un clou de &laquo;&nbsp;100&#8243; à qui j’ai coupé la tête. Le chargement est fait, première photo et un dernier adieu à Janine. A Dieu va, tire ta mule !<br />
Partis vers 8 heures, nous arrivons à la hauteur de Beaune où nous décidons de nous faire un petit resto sympa. En ville nous le trouvons et nous descendons dans une cave voûtée qui sert de salle à manger. Nous choisissons ‘le plat du jour’ qui est : ‘joues de porc sauce bourguignonne’. Nous vidons littéralement le plat, c’est délicieux. Marie-France finit même la sauce à la cuillère ! « Allez », on repart.<br />
Autoroute …, Marie-France conduit toujours, elle ne veut pas que je la remplace au volant, elle doit penser à mon 1/10ème oeil gauche.<br />
On roule, il est 15 heures. Elle a un coup de barre. On s’arrête sur une aire de repos et sieste pour elle.<br />
20 minutes après, la mule repart, on tourne à 3000 tours.<br />
Le Puy en Velay se rapproche, je prends mon étude de trajet pour trouver l’hôtel « BRISTOL » mais la carte ne tenant pas compte des sens interdits. Marie-France roule ‘au pif’, puis un coup d’oeil sur le plan de ville et nous arrivons devant l’hôtel sur le trottoir en face.<br />
Nous laissons les bagages dans la voiture et abordons le hall très accueillant, décontractés.<br />
Marie-France décline son nom, celui du voyagiste, le réceptionniste lui tend une clé et dit : « chambre 20, 4ème étage, repas 19h30 ».<br />
Nous montons en éclaireurs par l’ascenseur et découvrons une chambre jolie, à 2 lits, salle de bain, WC, le tout très correct.<br />
Retour à la voiture, et en un seul trajet, sacs et bâtons sont dans la chambre.<br />
Comme convenu, j’utilise la salle de bain en premier, pendant ce temps, elle se met sur son lit : elle dort….<br />
Vingt minutes après, c’est l’inverse et à 19h30, fringants, nous descendons dîner.<br />
Dans un jardin intérieur, un serveur nous affecte une table 2 couverts, presque au centre. Nous attendons…<br />
Quelques coups d’oeil discrets sur le voisinage, quelques bribes de conversation nous font penser « qu’ils sont dans le coup » ! Leur tenue, leur doc le confirment.<br />
Menu : Entrée : Melon au porto (il est très bon), nous lui faisons sa fête sans problème. Plus sérieux, le canard confit fait flipper Marie-France qui dévore sans frémir le volatile… et son accompagnement. Morceaux de fromages et 2 boules de glace. Nous sommes satisfaits.<br />
Il est 21h30, la nuit est tombée, nous décidons quand même de chercher dans la vieille ville les rues qui montent vers la cathédrale et le départ du GR65 qui sera notre fil d’Ariane.<br />
Depuis la place du Breuil, nous levons les yeux. Oui, la cathédrale se trouve bien sur une colline dépassant de ses tours les vielles maisons agglutinées autour d’elle. Elle semble relativement proche mais son accès est labyrinthique.<br />
Marie-France se concentre, scrute un dédale de rues et décide : « c’est par là ».<br />
Nous abordons une ruelle bordée de murs de maisons, ils sont très hauts. Parfois quelques fenêtres étroites ou une porte cochère viennent les percer et donner vie à ces murailles sinistres.<br />
Nous sommes seuls mais décidés, car en cas d’agression, nous avons adopté comme moyen de défense le principe de « la TORTUE » très cher aux légions romaines :<br />
Je dois absorber le premier choc de taille et d’estoc. Marie-France rangée en seconde ligne, laissant son côté droit libre d’actions sera :<br />
- la pince du crabe<br />
- l’aiguillon du scorpion<br />
- la défense de l’éléphant<br />
- la corne du rhinocéros<br />
- …. Rôle secondaire somme toute !<br />
Elle accepte, elle opine du chef en silence. L’extrait de Centurie démarre.<br />
L’appareil photo en alerte, nous montons …<br />
De temps à autre, le flash éclaire encore mieux une porte cochère, la rue faite de têtes de chats ou de pavés aux formes et dimensions extrêmes. De rues étroites, en vrais coupe gorges, nous montons. Je souffle un peu, les chaussures de ville ne sont pas adaptées (2ème erreur).<br />
Après une bonne demi-heure de marche, des dizaines de mitraillages photos, nous sommes au bas d’une rue faite d’escaliers. Nous pensons que se sont eux qui marquent le début du pèlerinage. A l’aide de la rampe, je monte 150 à 200 escaliers. En haut, nous nous trouvons au pied d’un mur de forteresse qui indique ‘côté EST – côté OUEST’.<br />
Nous prenons EST, ça ne lui convient pas, on rebrousse chemin. Le coté OUEST redescend un peu. Nous arrivons devant un porche entrouvert, à l’intérieur, une pâle lumière éclaire une grande salle, des ombres semblent préparer un office. Je rentre, m’approche et très innocent, je demande où se trouve la porte principale de la cathédrale et d’un seul coeur, des bras indicateurs se lèvent. Ils me disent tout droit au bout de la rue. Je les remercie par un bon mot (j’espère), ils éclatent de rire, c’est OK.<br />
Effectivement après 100m, les murs des maisons s’arrêtent pile. Nous prenons de plein fouet l’illumination de la rue et de la cathédrale qui est magistrale. Elle se trouve en haut de 136 marches d’escalier. C’est le choc pour les deux…<br />
Après un silence non calculé, la 1ère centurie décide de monter les marches, mais elle se trouve bloquée par une porte monumentale fermée. En se retournant, nous voyons, en bas des escaliers, la rue des Tables, large nouveau coupe gorges qui descend vers l’ouest.<br />
Ca y est, c’est là, le point de départ du fameux chemin. Marie-France m’en donne les origines et les causes qui n’ont pas que des connotations catholiques.<br />
Avec une assurance inquiétante, la 2ème rangée de la centurie passe devant et en 15 minutes, nous sommes dans la nouvelle ville. Les restaurants encore ouverts ne présentent que des salles vides.<br />
Je lui donne le bras…. On rentre.</p>
<p><strong>Mardi 12 septembre</strong><br />
Après un sommeil inquiet, au petit matin, je regarde ma montre de kermesse lumineuse : il est 5h30. Elle dort. J’entends un léger souffle, j’estime sa respiration, ça va.<br />
Sans bruit, je prends possession de la salle de bain. 20 minutes après, j’en sors net et clair. Eh oui ! Je ne sais pas encore qu’un Jacquet ne doit pas se raser.</p>
<p>J’esquisse un air de comptine d’enfant « il pleut, il pleut bergère … ». « Pas si fort, tu vas réveiller tout l’hôtel ! » … Je me suis planté.<br />
Elle passe dans la salle de bain. Sur le lit, je commence le massage des genoux, des pieds, des mollets, des cuisses. Ce rite sera refait tous les jours après la douche. C’est peut-être ce qui nous permettra de finir.<br />
On s’habille en pèlerin, gros souliers, chapeau, bâton, qui en fait s’appelle un BOURDON. Il est 7h30, nous quittons la chambre.<br />
Nous sommes fin prêts pour aborder cette première étape pédestre « Le Puy en Velay &#8212;&gt;Saint-Privat d&#8217;Allier, via La Roche, St Christophe-sur-Dolaison, Montbonnet, le Lac de l&#8217;Oeuf, &#8230;<br />
Des groupes déjeunent déjà, les sacs une fois posés dans l&#8217;entrée, on s’installe et on prend un petit déjeuner copieux.<br />
Ca commence bien, le moral est au beau fixe.<br />
Nous faisons un mini briefing et décidons de démarrer du choeur de la cathédrale.<br />
Le temps est agréable, même si la température reste fraîche &#8230;<br />
C’est parti. 25 minutes après, on attaque les escaliers qui montent presque jusque dans le transept. Nous en faisons le tour, sans bâton ni sac. Marie-France prend une photo de la statue de St Jacques. On reprend sacs et bâtons, « allez, en route ». C’est l’aventure.<br />
La descente de l’escalier se fait après que Marie-France ait demandé à un marcheur inconnu de nous photographier Il a l’accent canadien, c’est un québécois. Nous le laissons partir pour profiter de notre tranquillité. On aborde la rue des Tables derrière lui, qui en somme, nous guide.<br />
Nous traversons la ville, il y a peu de pèlerins. Pour le fun je demande à Marie-France de me photographier devant une camionette garée qui proclame que la santé n&#8217;attend pas &#8230; &#8230; nous non plus; nous repartons pour aborder notre<br />
première côte en ville. Elle est longue, pénible, mais nous avançons sans rechigner, poussés par l&#8217;enthousiasme d&#8217;un début d&#8217;aventure.<br />
Mais où est donc or ni car?<br />
Non, non, où est donc ce GR 65?<br />
Après une demi heure de marche en ville, nous trouvons la 1ère indication blanche et rouge du GR65 qui bien entendu marque un sentier qui monte, qui monte….<br />
Au dessous, sur une coquille St Jacques en plastique vernis : Compostelle 1521 Kms. Nous sommes sciés, nous qui ‘miaulons’ pour faire 125 bornes. 1521 Km ! C’est pas possible .<br />
Du haut de la colline, le 2ème rang fait une photo du Puy que l’on voit dans la vallée voilée d’une légère brume. Nous marchons, toujours à l’affût des marques du GR.<br />
Nous parlons beaucoup, surtout moi qui passe du présent au passé, de la famille, aux amis, et de façon répétitive de nos douleurs possibles.<br />
La plus grande crainte se porte sur les genoux qui doivent absorber le choc dans les descentes caillouteuses des sentiers.<br />
Il est midi, nous marchons depuis le matin 8h30. Nous nous sommes arrêtés plusieurs fois pour boire un peu d’eau, c’est tout. Le chemin est absorbé de façon méthodique souvent au même pas que ponctue le bâton.<br />
Il est peut-être 13h30, qu’elle importance, Marie-France dit « POUCE ». Elle est fatiguée, son dos sûrement. Elle porte un sac beaucoup plus lourd que le mien mais ne veut pas changer.<br />
Nous quittons le GR65 sur 100 mètres pour être tranquilles. Assis sur des pierres nous mangeons quelques fruits secs, 2 biscuits vitaminés qui dans la bouche se transforment en sciure de bois mouillé ; à l’eau, ils passent. La Centurie se disloque. Marie-France passe sous les barbelés, s’allonge à l’ombre sur l’herbe haute. Elle quitte son foulard blanc de<br />
légionnaire, s’enroule avec ……. 5 secondes, elle dort. Assis, je garde le camp. J’esquisse un paysage au pastel mais avec 1/10, sans lunette, ça ne m’inspire pas. On a bien sûr quitté nos souliers, les orteils dansent la gigue, heureux d’être libérés. Je pousse quelques soupirs, je suis bien …</p>
<p>Après 20 minutes, l’extrait de Centurie se réveille, chasse un insecte aventureux. Chaussés et levés à grand peine, nous repartons avec quelques douleurs. Attendons que les muscles se réchauffent et ça ira. Il est 14h00, encore 2h30 de marche et l’on pense arriver à St Privat d’Allier, but de notre étape, on y croit.<br />
Le GR65 se transforme de temps en temps en portion de route goudronnée : D589 par exemple que nous quittons dès que la marque du GR nous l’indique.<br />
Car il nous manque ce chemin, et il se laisse découvrir enfin de près, de loin, glissant dans les vallons, jouxtant une clairière et chaque détour est un plaisir des yeux que Marie-France ponctue d&#8217;un commentaire ou d&#8217;une exclamation qui m&#8217;apporte un complément fort bienvenu.<br />
Nous sommes perdus dans le temps, rien ne nous rappelle notre époque.<br />
Une jeune allemande nous rattrape, elle va nous dépasser. Je risque un mot, elle nous fait comprendre qu’elle ne parle pas français. Ses 1m80 bordés de deux couettes châtain s’éloignent. De l’arrière, on ne voit qu’un sac à dos énorme, duquel dépassent 2 chaussures qui s’éloignent. Quelques jours plus tard, étant derrière nous (« comment ? ») elle nous<br />
dépassera et nous voyant assis dans le pré en contrebas, elle nous lancera un « bon appétit messieurs dames » avec un accent qui ne trompe pas. Ah, elle a du se perfectionner en français. Pour savoir son prénom, je lui dis, « Au revoir MARLEN » puis « LILI » et continuant de regarder par terre, elle me lance « Annette », la monolithe châtain s’éloigne.<br />
Nous repartons, le temps est superbe, un ciel de carte postale, pourvu que &#8230; &#8230;<br />
Les hameaux sont traversés, on n’y voit personne, sauf quelques chiens qui s’appellent, se rejoignent, se reconnaissent, se sentent. Ce sont eux, les maîtres des lieux. Notre formation en TORTUE ne les impressionne pas. Indifférents, ils vivent leur vie.<br />
Mais qui peut rester dans ces endroits perdus, loin de tout? Quelques jouets abandonnés laissent à penser que, quand même, il s&#8217;y passe des choses.<br />
Des maisons truffées de pierres noires aux joints blancs discordants. Des machines agricoles éparses, mais où sont les indigènes ? Tout semble abandonné.<br />
Même les croix qui jalonnent le chemin, malgré les « ex voto » indiqués par des amas de pierres posées à leur base, sont tristes et d&#8217;un autre âge. Un « travail » jadis utilisé pour maintenir le cheval à ferrer, est envahi par les herbes. Un pot de fleurs fanées cherche désespérément à apporter un peu de fraîcheur, de couleurs, à l&#8217;ensemble, mais &#8230;<br />
Nous arrivons à la hauteur d’un groupe assis sur des rochers. Ils ont des cheveux blancs et encore belle allure, les femmes aussi. Je m’arrête, les regarde avec insistance. Ils sont surpris.<br />
Je dis : « ça va les ptits jeunes ? ». Un cri général. La glace est rompue. Ils répondent et demandent mon âge. Quand je dis « 78 », j’ai des compliments, et Marie-France ponctue, « c’est son anniversaire le 15 ». Les femmes m’embrassent. Ils sont tous surpris de notre tandem Père-Fille, ils n’y avaient pas pensé. Je lance un au revoir en italien, les rires fusent …<br />
Nous laissons un groupe tout heureux de n’avoir que 60 ans, convaincu d’avoir encore 18 ans de réserve pour marcher.<br />
Au revoir et à bientôt.<br />
Le chemin se poursuit en même temps que la découverte des paysages.<br />
Croix ou églises, toutes plus anciennes les unes que les autres jalonnent notre route.<br />
Nous attendons beaucoup du Lac de l&#8217;Oeuf pour nous rafraîchir et peut-être plus &#8230; mais cette tourbière située dans une dépression, joue l&#8217;Arlésienne.<br />
On se console en buvant une gorgée d&#8217;eau tiède et on l&#8217;oublie. On repart.<br />
Le chemin, derrière chacun de ses virages, nous révèle un nouveau décor, de nouvelles profondeurs, de nouveaux points de vue, &#8230; dans tous les sens du terme..<br />
La traversée du hameau du « Chier », nous fait rencontrer une vieille dame qui fait quelques petits pas.Pour lui montrer qu&#8217;elle existe quand même, nous la saluons et en quelques minutes nous apprenons que cet après-midi presque tout le monde a quitté le village et qu&#8217;elle se sent un peu seule&#8230;. On comprend&#8230; mais que surtout, l&#8217;hiver est long.<br />
Nous repartons interloqués, surpris par les conditions de vie dans ces régions isolées. On est presque au bout du 1er contrat, un poteau nous l’indique. Évidemment, nous sommes sur une colline et St Privat est en bas. On se prépare à la descente, nous ne devrions pas avoir de problème pour cette fin d’étape.<br />
« Dieu du ciel », le sentier est farci de chausse trappes, de rochers, de trous, le tout sur une très forte pente. L’allemande qui nous a dépassé depuis une heure, est juste au milieu de la descente, « on va souffrir ».<br />
Ah oui, les rotules deviennent douloureuses, le bâton fait de son mieux pour amortir les chocs. Descente pénible, silencieuse, ça ne finit pas ! Mais SI.<br />
On en sort juste lorsque quelques jacquets amorcent la descente, on entend des cris plaintifs, quelques rires et les bourdons mis à rudes épreuves.<br />
Nous faisons les 600 derniers mètres qui nous séparent de l’hôtel. Dans le village, dernière halte devant une composition métallique représentant « la bête du Gévaudan » au milieu d&#8217;un massif de fleurs ; photos.<br />
Derniers mètres et nous retrouvons dans le hall, apportés par la navette, nos deux gros sacs. Ceux des autres marcheurs sont là, nous arrivons seconds.<br />
Seul un photographe, épais comme une bête d’orage, plastronne. Il s’avèrera plus tard être un homme fort sympa, tout et fort dévoué à la cause de la photo. Bien sûr, c’est son métier. Il est devant la porte content de sa perf.<br />
Nous montons nos deux gros sacs de voyage dans la chambre et même scénario : douche, repos, massage et bichonnés comme des chevaux de course,… on dort en attendant le repas du soir.<br />
Depuis le balcon de la chambre nous admirons St Privat sous les couleurs du soleil couchant.<br />
L’hôtel ‘la vieille auberge’ ne comporte qu’une étoile. Nous étions inquiets face à des commodités communes possibles, mais non, c’est encore correct.<br />
En plaisantant, je demande au patron s’il y a une boîte de nuit (dans ce village au bout du monde). Il me répond sans sourciller qu’il en connaît une à 20 Kms et qu’il veut bien m’y conduire. Il blague aussi ? Je trouve un expédient, nous parlons de ses affaires, la glace est rompue.<br />
L’heure du repas arrive, une serveuse s’affaire entre les tables, en renfort, la patronne ‘s’occupe de nous’. Marie-France est maquillée, moi, les cheveux et la moustache peignés, on a du faire impression… (quelle prétention), quelques mots à cette dame, elle fond. Au dessert, le patron vient nous saluer avant de partir et laisse le resto sous la responsabilité de la serveuse qui s’affaire, qui s’affaire. Elle sourit lorsque je lui dit qu’elle est la seule étoile de la maison et me répond : « que le resto avait déjà une étoile quand elle est arrivée » (sic).<br />
La salle de restaurant s’est vidée, nous attendons le dessert … que la serveuse apporte, faisant semblant de le manger à la petite cuillère. Je lui dis quelques mots, Marie-France abrège.<br />
Nous montons nous coucher, pyjamas, bonsoir d’usage, il est 22 heures ! Lumière !&#8230; On dort.</p>
<p><strong>Mercredi 13 septembre</strong><br />
Deuxième étape, Saint-Privat- d’Allier &#8211;&gt; Saugues, via Rochegude, Monistrol d’Allier, Montaure, Le Vernet.<br />
Même technique de réveil et de préparations qui nous amènent à 7h30. Nous descendons au resto, beaucoup de jacquets déjeunent ou se préparent à partir. Nous restons cool. Sans précipitation, nous retournons dans la chambre soigner notre denture, prendre sacs et bâtons, sans oublier de faire le plein de la bouteille d’1l50 d’une eau bien fraîche que malgré son poids, nous considérons comme essentielle.<br />
Un salut à la cantonade et c’est le départ. La Centurie semble en forme, alors GO ! Le jour se lève juste, seul un coq donne un peu de vie à ce village, pas de bruit, pas de vent.<br />
Nous allons peut-être rencontrer la bête du Gévaudan mais nous faisons confiance à « la TORTUE ».<br />
Vers midi nous essayons de manger dans un gîte mais NIET pas de repas le midi, alors, résolus, nous nous rabattons sur les biscuits et les fruits secs. D’ailleurs mon organisme refuse une fatigue supplémentaire créée par l’assimilation, je ne connais pas la faim…. Sauf le soir.<br />
Toujours de la marche, de la route, du sentier lorsqu’il est plat, composé de roches pilées en graviers par le temps.<br />
Marie-France demande une pause : les graviers remontent dans ses chaussures basses, mais depuis combien de temps ? Les chaussures quittées, les chaussettes secouées comme des étendards, un coup de paume de main sous la plante des pieds « ça va » dit-elle, rechaussée on repart.<br />
Quatre randonneurs sont là assis, occupés à casser la croûte ; je m’approche, le bras droit levé comme en signe de bénédiction ; ils se taisent, me regardent surpris, attentifs. Je veux donner l’impression d’engager un sermon et pour continuer dans ce sens je leur dis : « Que la paix…… (et après un silence) … tit soit avec vous ! … »<br />
Effet d’enfer, rires, échanges de mots sympas à notre égard. Ce sont des jurassiens.<br />
Avant d’attaquer les grimpettes (c’est le jour où nous avons le plus grand dénivelé), nous rencontrons, à la sortie d&#8217;un hameau, un « ancien », (ah ! tu peux parler !) ; après quelques mots, il nous annonce de la pluie alors qu’il fait grand soleil… ! A-t-il consulté un baromètre ? ou ressenti quelques douleurs ? ou tout simplement, il sait.<br />
Pour la première fois Marie-France oublie de chercher les repères du GR, de ce fait, on se perd, et … … on se rajoute 1 km. On n’est pas à ça près.<br />
Autour de nous un paysage de roches volcaniques. Beaucoup de basalte qui forme de grandes structures verticales, les fameuses orgues basaltiques.<br />
Photos, photos, … où sont les 36 poses d’antan ?<br />
Quant à moi, je marche. Elle rattrapera. Quelques Kms après, mon sherpa demande un temps mort. On stoppe la machine à marcher, on boit. Quelques minutes après, les « jurassiens » nous rattrapent, nous dépassent, Marie-France allongée récupère. Sieste pour elle, garde du camp pour moi.<br />
Vingt minutes passées, nous repartons. Saugues est en vue, une énorme « bête du Gévaudan », sculptée à la tronçonneuse dans des troncs d’arbres nous accueille ; RE et re-photos.<br />
On arrive, il est encore 16h30. L’hôtel de La Terrasse est très bien et nous laissera un bon, un très bon souvenir.<br />
Nous n’avons pas vu la bête si ce n’est en sculptures, on n’en reverra pas. Elle devait avoir une drôle de vie dans cette région isolée, montagneuse, aride et on peut comprendre que la faim mène à tout.</p>
<p><strong>Jeudi 14 septembre</strong><br />
Nouveau jour, nouveau challenge.<br />
Au menu : Saugues &#8211;&gt; Les Faux, via La Clauze, Falzet, le Domaine du Sauvage, la Chapelle St Roch, le Rouget.<br />
Après, comme toujours, un copieux petit déjeuner, nous partons pour Les Faux, même préparation physique, même tenue.<br />
Mon pantalon que je mets depuis 3 jours parce qu’il sèche vite, prend des auréoles de sueur et commence à sentir le renard. (j’ai 3 pantalons propres dans le gros sac) mais cela convient à la condition et au paysage.<br />
Marie-France a quitté le short pour un pantacourt, pull pour les deux. Il a plu toute la nuit, on s’en moque, nous avons accepté tous les temps.<br />
Sortie de village, marque du GR, chemin herbeux, c’est parti. Nous marchons en silence en mini file indienne ou côte à côte. Tiens ! elle trébuche et me heurte un peu : « Pardon papa », c’est tout.<br />
Nous sommes comme deux bulles de savon, fragiles, transparentes qui survolent sur le chemin, s’éloignent se rapprochent … Bizarre, il n’y a plus qu’une bulle, plus grosse. C’est une communion que je ne connaissais pas.<br />
Le temps s’est dégagé un peu et il est, à présent, plus clément ; la centurie marche jusqu’à 13h, moment où nous pique-niquons sous un arbre au tronc imposant, un tout petit peu à l’écart du chemin ; décor de sous-bois, aux odeurs de feuilles mortes et de champignons, accentuées par la pluie de la nuit passée. Au repas : deux fruits secs et nous faisons un semblant de sieste, vraiment humide, comme ce n’est pas permis !! Récupération oblige.<br />
13h45, allez, debout ! la centurie vérifie que rien n’est oublié et ça repart.<br />
Nous rencontrons les jurassiens sérieusement attablés avec vin et moult victuailles. Comme d’habitude je m’arrête, les regarde et ostensiblement je dis : « Demandez au Seigneur qu’il vous garde la vue, car l’appétit vous l’avez ! »<br />
(Cette phrase m’a été dite par le patron de l’auberge St Jean à TOUDON dans l’arrière pays niçois). Elle a encore fait mouche ! Les rires fusent, les réponses, les blagues puis, « quel âge avez-vous ? », je réponds « 78 ans » ; et là, même phrase ponctuée par Marie-France, « C’est son anniversaire le 15 ». Embrassades, échanges de prénoms, ils m’appellent DÉDÉ, m’offrent du vin que je refuse. Je les dis démons, tentateurs…, nous nous éloignons.<br />
Nous traversons une forêt, les décors sont dignes de dessins animés.<br />
Des champignons un peu partout ; Marie-France s’enfonce un peu dans le bois, mais je bats le rappel.<br />
A travers bois, un cavalier vient à notre rencontre, arrive à notre hauteur. Je le salue. Il descend de cheval et répond à mon salut. Noblesse oblige, sûrement. Après quelques mots chaleureux, échangés, l’inconnu remonte en selle et reprend sa route. Nous aussi.<br />
Nous marchons, gérons avec précision, à la gorgée même, nos 1,5 kg d’eau de la journée. Nous buvons debout, chacun sortant la bouteille du sac de l’autre. ’’Elle’’ me fait toujours boire le premier… La classe vous est chevillée madame.<br />
Puis nous arrivons au domaine du sauvage, nous hésitons, nous cherchons les marques, elles sont partout ! Un grand jacquet arrive, c’est un enseignant rencontré la veille, il a vécu longtemps a Tahiti. Mais qu’est ce qu’il fait là ? Paumé ? Là bas, il avait une belle maison à 50m de la plage, un bateau pour pêcher dans le lagon, maintenant il est seul, dans la caillasse, sous un ciel gris… que cherche-t-il ?<br />
Plus subtil, il nous montre le chemin à prendre ; ses enjambées font la différence, il s’éloigne, « Il est géant ». Cet homme, sportif accompli était avec sa sœur qui ne faisait le parcours que quelques jours. Elle l’a donc quitté, la mort dans l’âme, répétant sans cesse ses regrets. Quoi !<br />
Tout ça pour un chemin empierré, qui monte, qui descend… Il a sûrement quelque chose.<br />
Pratiqué depuis plus de 1000 ans, garde–t-il l’empreinte de milliers de pèlerins ? Leurs souffrances transcendent–elles ces lieux, en fait bien communs ?<br />
Il n’y a pas de pic montagneux couvert de neige, de lac, scintillant sous un ciel d’azur, de plages blondes, il n’y a rien. Ici tout est gris, le ciel, les maisons, le chemin est ‘bouseux’…<br />
Alors !&#8230;<br />
Alors nous marchons, dans ce décor sans frontières car la vue se perd dans les forêts et les vallons du lointain où les piquets de parc en granit, impressionnants par leur taille et leur volume, jalonnent, sentinelles immobiles, « notre GR » ; je viens d’entendre un ruisselet qui chante dans les hautes herbes qui bordent le chemin. Il est si petit qu’on ne devine que quelques mètres de course. Il gazouille, on l’écoute, c’est un ravissement. C’est pour toi qu’on vient ?<br />
Allez, marchons.<br />
Nous espérons voir, depuis un moment la chapelle St Roch. D’après le kilométrage, le temps, mon sherpa me dit : «c’est par là». Effectivement, à travers les arbres, j’aperçois un clocher pointu. Un peu avant nous nous arrêtons près d’un oratoire doublé d’une fontaine. Un filet d’eau sort d’un tuyau terminé par une tête de loup. L’eau est très fraîche, je déguste.<br />
« Mon empire pour un cheval » a–t-on dit.<br />
« Ma Range-Rover pour ce verre d’eau ! »<br />
Après un coup d’oeil rapide, désaltérés, nous reprenons le chemin pour Les Faux, qui est hors GR 65.<br />
Quelques questions fusent : Bon pied ? Bon oeil ? A la seconde question pour moi, c’est négatif. Mais Marie-France voit pour moi, elle me donne les détails que de loin je ne vois pas.<br />
« C’est une vache ? » dis-je ou « ils sont deux ? », « Ce sont des rochers ? ». Les réponses arrivent, précisions en plus. De temps en temps, elle me dit : « Tiens, regarde !&#8230; ». Elle demande excuse aussitôt. Pour moi, le chemin de pierres grises est trouble, imprécis, et de temps en temps, sans en abuser, tel un rémora, je m’accroche à son bras.<br />
Nous rencontrons un couple 50-60 ans, elle, bronzée, léger maquillage, lui, belle allure. Ils viennent à notre rencontre. Arrivés à notre hauteur, je leur dis : « vous vous êtes trompés ? ».<br />
La réponse est franche : « on vient de Compostelle ! ». « Mais, le retour ? ». « Dans l’autre sens, le paysage est différent».<br />
Et pour minimiser l’exploit, il reprend : « Nous ne faisons que le côté français ».<br />
Quelle leçon ! C’est sûr, je ne miaulerai plus. Ils s’éloignent.<br />
Je calcule le coût du voyage, de quoi faire 2 fois le tour du monde. Ce ne sont pas des smicards, mais il y en a.<br />
Comme tous les jours, nous arrivons à 16h30 à l’hôtel « l’Oustal » de Parent et bien. vite : douche, massage, repos. Que c’est facile d’attendre 19h30 chaque soir à l’étape concoctée par La Balaguère ou La Pèlerine. C’est d’un réconfort exceptionnel, ce qui augmente encore notre envie d’arriver.<br />
Ici, le repas se prend dans une salle immense, murs en pierres granitiques. L’idée m’en vient d’en faire le tour. Pourquoi ? Je ne sais pas, peut-être pour réunir, pour cimenter ce groupe que « le Chemin » commençait à constituer. En faire, un seul bloc. Magie du Chemin. Et je passe vers chaque table de quatre ou six personnes et je prends des nouvelles de leur moral, de leur condition physique.<br />
Je retourne à notre table et Marie-France, gênée, me dit «Tu as oublié ces trois dames, là-bas !». Effectivement dans un coin de la salle, trois femmes s’apprêtent à dîner. Je vais les voir ; elles me reprochent gentiment mon indifférence à leur égard et en quelques mots le contact vire aux sourires et à la bonne humeur.<br />
Nous sommes servis et d’un trait nous finissons la soupière de potage ‘maison’, la casserole de Bourguignon suit dans la foulée. Un petit rosé participe à cette plénitude. Essai de fromages, dessert aux pruneaux, l’affaire est faîte.<br />
La chambre, on se couche, lumière ! A peine allongée, souffle régulier, elle dort… Ça va.<br />
Je n’ai pas sommeil, j’écoute la pluie, dehors qui malgré sa finesse résonne sur des tôles. Une gouttière d’un certain âge manque à tous ses devoirs. La fuite dit « Demain, moi aussi, je chanterai dans le pré ! ».<br />
Allez, arrête ton char, vieux, stop, je suis dans les vaps.<br />
Dans la nuit, quelques coups de tonnerre lointains essaient de m’apeurer, de me faire craindre la route… Que nenni, je replonge. « Salut MORPHÉE… (Bizarre de tomber dans les bras du fils de la nuit et du soleil … essayons, mais j’aurai préféré ceux de B.B., eh oui, quand on est ‘FAN’ c’est à vie.)</p>
<p><strong>Vendredi 15 septembre</strong><br />
Programme du jour : Les Faux &#8211;&gt; Aumont-Aubrac, via St Alban sur Limagnole, Grazières-Mages, Estrets.<br />
Au petit matin 5h30, même motif, même punition, à 6 heures je réveille Marie-France : « il est l’or »… Elle me dit ou plutôt murmure, encore endormie : « les autres se lèvent à 7 heures… Ca c’est certain, je suis sûrement un père indigne. « Bonjour papa » ; elle passe et au radar, trouve la salle de bain, « bonjour fille des plaines, des bois et des coteaux ». Une douche qui coule me répond.<br />
Sur le lit, un petit paquet et un mot m’attendent ; il fallait bien marquer le coup des 78 ans qui sonnaient aujourd’hui ; en cadeau bien dans le ton : un podomètre. On étudiera le principe un peu plus tard.<br />
Petit déjeuner plus rustique mais copieux, pris sans hâte. Il parait qu’aujourd’hui, ça va, seulement 20 kms. Ah oui, 20 Kms de rochers, d’éboulis de fondrières …. Mais de quoi se plaint-on ?<br />
Le départ de l’hôtel se fait en groupe, car au petit-déjeuner les échanges se sont faits plus concrets et plus chaleureux avec plusieurs d’entre nous. Avec les jurassiens, dont André, nous avons parlé « bourdon » ; les leur sont remarquables et sont aussi fabriqués « maison ».<br />
Beaucoup partent avec des capes de pluie qui recouvrent les sacs à dos. La chaleur et la bonne humeur qui se dégagent des marcheurs est sensible et donnent des ailes à tout le monde.<br />
Très vite, chacun reprend son rythme et le groupe s’étire pour ne devenir qu’un fil invisible entre chacun d’entre nous ; fil qui existe toujours aujourd’hui. On se retrouve seuls. A ce soir les « Lagardère et les Quasimodo » (cf la cape sur les sacs à dos !!!!).<br />
En marchant, nos bavardages des premiers jours ont cessé. Elle ne dit plus : « tu parles trop fort, les marcheurs se retournent ! ». C’est le silence dans le silence, on marche, les sentiers clos par des barbelés d’un autre âge soutenus par des piquets de granit ne protègent plus rien, plus d’arbre, nous sommes trop haut. Un buisson malingre veut jouer les sorbiers mais lui-même n’y croit plus. Sous ce silence pesant, au loin un oiseau isolé pousse des cris<br />
d’orfraie… on le comprend. Mon sherpa analyse, écoute ; sa plainte n’est pas répertoriée dans le catalogue de ses connaissances. J’entends « RAPACE »… j’espère que ce n’est pas pour moi.<br />
Vers 13h, aux Estrets, nous avons la surprise agréable de constater que « les jurassiens » et quelques autres compagnons marcheurs nous attendent ; on les entend crier de loin « les voilà !!). Tout de suite ils nous demandent si nous avons bien vu, gravé sur le sol « Joyeux Anniversaire, Dédé !! ».<br />
Bien sûr, que nous l’avons remarqué ! Quelques allusions fusent … … comprend qui peut, qui veut. On mange (si l’on peut dire… …), avec ces quelques « jacquets », dont ceux retrouvés à côté de l’église et qu’entre nous nous avons baptisé « les p’tits jeunes, les canadiens du Puy, … Nous disposons de tables, de bancs, un vrai luxe … … que nous abrégeons compte tenu du chemin qui reste à faire.<br />
Notre centurie marche, frein à main serré,… … bien sûr l’âge ! On se fait vite distancer.<br />
Le long d’un chemin campagnard, soudain, le regard est attiré par une paire de chaussures de marche accrochée à un piquet de parc. Elles sont d’un autre siècle ; elles ont deux ou trois cents ans et d’une facture d’un autre âge ; cloutées, cramponnées sur les bords. Elles sont posées là comme si elles voulaient rappeler au marcheur, que tellement de pas ont foulé ce chemin.<br />
Un peu plus loin, une cabane, haute de 1,50m, faite de bois, de fougères et de mousse se propose comme abri au marcheur fatigué ou surpris par le mauvais temps. Nous visitons mais nous déclinons l’offre.<br />
Faisant chemin, chemin faisant, après quelques heures, nous rattrapons les trois dames repérées la veille au restaurant et qui font une petite pause. Comme toujours je m’arrête et lance « bonjour les gitanes » (ça y est : elles sont baptisées !) et la réponse fuse : « bonjour DéDé !» Quoi ? je les connais à peine et elles déclinent mon âge et mon anniversaire. JE SUIS UNE CELEBRITE. (je le prends au deuxième degré).<br />
Nous repartons et à l’esprit me vient cette maxime : « la célébrité ne vaut pas l’effort qu’il faut faire pour lever le petit doigt. Hein Johnny…»<br />
On marche; toujours le silence, seuls nos bâtons marquent une cadence, bruit sur la roche, ou étouffé sur le sable. Le synchronisme est parfait. Je suis en serre file, je regarde le sol, Marie-France laisse une empreinte, je la respecte. Ces 20 bornes sont un leurre tellement le sentier s’allonge. Marie-France ne regarde plus les marques du GR, le dos courbé, les yeux fixés sur les pièges du chemin, elle avance. Encore une fois « vas-y DÉDÉ » s’étale sur le chemin, et nous met le sourire aux lèvres.<br />
OK, j’y vais à Aumont Aubrac. D’ailleurs je le vois, dans un creux, mais que c’est loin de la coupe aux lèvres. Photos de ci, photos de là, sans oublier les fameuses vaches du Plateau de l&#8217;Aubrac. Je ne suis pas fatigué, je suis las.<br />
16h30, on tient les prévisions, salut Aumont Aubrac.<br />
Toujours les mêmes précautions médicales et physiques en arrivant dans notre chambre, Hôtel « Les Prunières ».<br />
Comme nous sommes le 15, sapés comme des « idoles », nous descendons. En quelques minutes, Marie-France organise une réception : champagne, petits fours, pour tous les compagnons pèlerins rencontrés depuis le début de la semaine, ce qui surprend l’hôtelier, mais fournissant le champagne, il est ravi. Les marcheurs arrivent au resto, ils sont canalisés par Marie-France qui a pris un rôle d’hôtesse et on se retrouve 17 personnes heureuses de l’aventure. Entre architecte, photographe, marchands, marin, québécois, nous deux,… et j’en passe., le ciment prend, le champagne coule, les rires rebondissent, j’improvise quelques mots, embrassades, photos avec ou sans Marie-France.<br />
Il est 21h, et nous sommes invités à passer à table. On nous convie à une table, je refuse,pensant manger seul avec Marie-France. On nous invite à une seconde table, Marie-France me dit « tu ne peux pas refuser », j’accepte. Et nous nous retrouvons à une table de six avec entre autres « les jurassiens ».<br />
Le repas prévu est aménagé par quelques petits suppléments, la boisson nous est offerte par nos nouveaux amis ; l’ambiance est au beau fixe. Tout d’un coup, j’entends derrière moi, « Joyeux anniversaire ». Je reste impassible. Heureusement. C’est l’autre moitié du resto qui fête aussi un anniversaire.<br />
Très peu de temps après les gens qui fêtaient cet anniversaire, m’apportent une partie de leur gâteau ; je souffle les bougies. Nouveau discours pour l’ensemble, mais dans la surprise et l’émotion du moment, j’oublie de remercier… Regret que j’aurai souvent en tête.<br />
Un accordéoniste met l’ambiance. Une Jacquette vient m’inviter à danser. Je trouve un prétexte puis une deuxième arrive. Ma responsable du temps et des loisirs me dit que je ne peux pas refuser. J’irai les chercher. Marie-France entreprend un rock endiablé. Tiens, elle a oublié les 20 bornes ! Le repas, encore amélioré par un nouveau supplément se termine.<br />
Incroyable soirée, tellement imprévue et tellement riche de sensations, de rencontres, d’échanges vrais, entre hommes et femmes d’horizons tellement différents et qui ne se connaissaient pas une semaine auparavant.<br />
Allez, au lit ! Car demain le Chemin nous attend pour la plus longue étape du séjour. L’hôtel Prunières est très classe, et remercions en pensée notre ange gardien ‘LA BALAGUERE’.</p>
<p><strong>Samedi 16 septembre</strong><br />
Dernière ligne droite… … (tu parles, Charles !!). Aumont-Aubrac &#8211;&gt; Nasbinals, via La Chaze de Peyre, Lasbros, les Quatre Chemins, le Moulin de la Folle, Rieutort d’Aubrac, Montgros.<br />
Nuit habituelle, réveil habituel, déjeuner habituel mais aujourd’hui mon sherpa fait une analyse encore plus fine de la situation présente et à venir : 27 Kms. Des gens bien intentionnés nous disent « oh, c’est tout plat ». Je m’énerve intérieurement, maintenant que je sais… Tout plat, tiens ! mon c… !, comme dirait Bedos ; c’est du plat qui monte, qui descend, c’est du bitume, c’est un désert aménagé de quelques champs, de vieilles barrières, d’un ciel si gris, si noir… et dans cette « antichambre du purgatoire », des dingues, des fous, des illuminés marchent… Ils sont américains, espagnols, chinois, japonais, chargés comme des coolies, allemands, italiens, hollandais, québécois, grands, petits, secs, gros, seuls, en groupe… Je vois le monde traverser ce « no man’s land », mais pourquoi ? Pour qui ? pour quoi ? Ils cherchent, certains cherchent sans trouver, d’autres trouvent sans chercher. Je ne comprends pas encore que ces hommes, ces femmes qui vivent dans des pays magnifiques s’investissent autant pour marcher. Il n’y a pas de place chez eux ? pas de sentiers, pas de hameaux ? Et bien si ! Et bien non ! Ils veulent marcher là. Ils sont fous ces humains, ou magie du Chemin !<br />
Magie qui se révèle ou journée qui encourage cette folie, la lumière de ce matin est irréelle, le Plateau de l’Aubrac s’illumine ou s’éteint au gré des nuages. Le paysage transparaît ou se teinte de sombre ; les vaches mêmes sont maquillées et sont des blondes aux yeux noirs. Que demander de plus ? Les pas se suivent presque automatiquement, les kilomètres défilent, les yeux admirent, les heures passent.<br />
Ah ! Plaisir d’un nouveau message à notre attention : « Vas y Dédé ». Ces encouragements font que cette étape, la plus longue, se grignote tant bien que mal.<br />
13h30, arrêt dans la cour ouverte d’une maison fermée qui a l’air de nous proposer l’hospitalité. Un tas de grosses pierres, deux sont plates ou presque ; elles deviennent des sièges. Quelques biscuits et fruits secs sont arrosés d’eau tiède et l’on replie bagages après la petite sieste rituelle.<br />
Nous reprenons le Chemin lorsqu’on aperçoit à quelques mètres un salon de jardin qui nous tendait les bras. Quelle importance pour nous … …. Les « jeunes » ! Allez en route !<br />
Plus que quelques heures de marche et la boucle sera bouclée. Les couleurs du ciel sont de plus en plus contrastées et la lumière crée une ambiance prenante.<br />
Séance photos sur un vieux pont de pierres. Ah, sur le sable du chemin un encouragement m’est adressé signé en grosses lettres : « les 3 gitanes ». Je me pose des questions ; pour quelques mots simples, gentils ou encourageants dits le premier (oui j’ai osé me dévoiler, au risque de me voir rabrouer) et en réponse une amitié qui explose. C’est comme si une fleur dans un souffle pouvait s’épanouir. Je leur ai dit hier : « J’ai fait un songe étrange : une sylphide m’appelait l’affable de la fontaine ». En réponse, grand silence inquiétant, puis leurs neurones ayant repris des fonctions actives, un cri puissant d’un même choeur : « ah ouiiiii ».<br />
Encore un ! « MF et DéDé SUPER » ; quelle Chaleur sur ce chemin ! quelle chance pour cette fille d’avoir un SUPER père !<br />
Il semblerait que pendant ces quelques jours de contraintes acceptées, l’esprit s’exhale donnant libre cours à l’expression.<br />
Si cette marche et ce genre d’efforts , voire de privations durent longtemps, on peut admettre que l’individu soit exhorté ou transcendé : la souffrance devient joie, la mort un cadeau car le don est total, irréel, magique mais fait en toute lucidité. Je pense à la longue marche de MAO et de tous ses partisans, au périple de SAVORGNAN DE BRAZZA, ou d’un certain JESUS pendant trois ans de vie publique, et de pérégrinations avec ses disciples.<br />
Tiens, je devais être perdu dans mes pensées en marchant, Marie-France a pris un peu d’avance.<br />
Encore 500 m pour rejoindre l’hôtel ? Une dernière fois, « Vas y DéDé » s’étale sur la route. Elle me photographie devant le panneau NASBINALS. et enfin nous sommes arrivés. Sur la terrasse de l’hôtel, « longues jambes de Tahiti » nous prend en photo. Quelle heure est-il …<br />
18 heures ! Effectivement ça m’a paru long, presque 10 heures de marche. L’hôtelier nous affecte comme chambre une maison de 2 étages : ma chambre au premier,</p>
<p>Marie-France au second. Je prends un MEGA bain et comme d’hab. nous descendons vers 19 heures. La dernière soirée n’est pas tout à fait ce que j’attendais, mais nous formons quand même une table de 17. Le vin rouge, le supplément au menu, l’ambiance, les cèpes dont Marie-France a supervisé la préparation enlevant tubes et autres cèpes amers font que tout se passe très bien. Les échanges de cartes, d’adresses mobilisent tout le monde. Il est 23h, on peut aller dormir, mais pas de grasse matinée pour nous car la navette nous prend demain matin à 7h30 petit déjeuner pris.<br />
Il est 6h, Réveil, zut, j’ai une larme à l’oeil, je le cache de mon mieux, vous savez les vieux, ça pleure pour pas grand-chose. J’entends le pas de la petite, elle descend, je la regarde… Elle a les yeux rouges ! Zut.<br />
« C’est de la fatigue ma fille »<br />
« Tu crois ?»<br />
« Oui oui … », en fait, nous venons de quitter quelque chose, mais qui ? mais quoi ?<br />
Nous allons au resto pour déjeuner, ce qui est fait avec le photographe et le véto. La navette arrive, on charge, on monte, nous sommes partis …<br />
Nous roulons 500 mètres, zut, on a oublié les bâtons. En râlant gentiment, le jeune chauffeur retourne les chercher, ça re-repart. Dans 2 heures, nous serons au Puy en Velay. Quand on constate le temps et la distance que nous avons parcourue, nous sommes effarés par « l’exploit » accompli par deux citadins nouveaux marcheurs.<br />
Et ! toute cette journée, il y aura de la buée sur le pare-brise. Eh ! 222 000 pas, ça compte !<br />
En cet instant, une bouffée d’amitié s’envole vers 17 centurions !<br />
Les yeux sont humides….<br />
Est-ce la fumée qui monte d’une cigarette ?<br />
Est-ce la fumée qui te picote un peu les yeux ?</p>
<p><strong>ANDRE de SAINT-FONS, dit « Dédé du Chemin de Compostelle »</strong></p>
<p>Partez en toute liberté ou avec guide accompagné sur les <a href="http://www.labalaguere.com/univers-les-chemins-de-saint-jacques.html" target="_blank">chemins de Compostelle</a> avec La Balaguère</p>
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		<title>Cinq jours de marche dans les canyons de l’Adrar</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Aug 2010 08:41:35 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[carnet de voyage mauritanie]]></category>
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		<description><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/>10 avril 2006 Arrivée à Atar. Un gamin nous distribue des fiches au pied de la passerelle. 36 degrés, alors que nous luttions contre la bise à Paris. On s&#8217;entasse à l&#8217;ombre du bâtiment sommaire qui sert d&#8217;aéroport. A gauche un porche, à droite une moitié de tapis roulant pour les bagages. Enfin, la porte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/04/Kirghizie.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Carnets de voyage" /><br/><p><strong>10 avril 2006</strong></p>
<p>Arrivée à Atar. Un gamin nous distribue des fiches au pied de la passerelle. 36 degrés, alors que nous luttions contre la bise à Paris. On s&#8217;entasse à l&#8217;ombre du bâtiment sommaire qui sert d&#8217;aéroport. A gauche un porche, à droite une moitié de tapis roulant pour les bagages. Enfin, la porte s&#8217;ouvre, on entre dans une pièce carrée où on passe de guichet en guichet pour obtenir tampon sur passeport, signature sur tampon, numéro au-dessus, et enfin, des ouguiyas, la monnaie locale, contre nos euros. Deuxième étape : récupération des bagages sur la partie intérieure du tapis roulant, qui fonctionne, faisant taire les mauvaises langues.<br />
En 1996, nous dira plus tard Mohamed, quand les premiers charters ont atterri à Atar, on débarquait les sacs directement des soutes dans les 4&#215;4.</p>
<p>Enfin, hall d&#8217;accueil où les guides de La Balaguère nous attendent, vêtus de leurs larges boubous en bazin bleu ciel qu&#8217;on appelle des &laquo;&nbsp;draâ&nbsp;&raquo;. Notre guide s&#8217;appelle Mohamed El Hassan. On fait connaissance en attendant le 4&#215;4, sous un ventilateur.</p>
<p>Vingt minutes plus tard, après une traversée éclair d&#8217;Atar, on nous débarque en plein cagnard sous un acacia où les chameliers font la sieste. C&#8217;est notre premier bivouac : nattes sur le sable, un fin matelas mousse pour chacun, dattes, arachides et biscuits sur un plateau d&#8217;alu, thé à trois temps. Pour faire le thé, il faut trois choses : le groupe, la braise et la lenteur. En arabe c&#8217;est quelque chose comme &laquo;&nbsp;Jamaa, Jahra, et zaaan&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il est 14h00. Économie de mouvements jusqu&#8217;à 17h00, où l&#8217;on s&#8217;achemine vers le village d&#8217;Azoughi. Une heure de marche pour voir les ruines d&#8217;un site almoravide dont les fouilles ont été financées par l&#8217;UNESCO. Terriblement dissuasif par cette chaleur. Les enfants nous entourent, nous guident vers une &laquo;&nbsp;auberge&nbsp;&raquo; où on peut trouver à boire. On nous déroule des nattes sous un minuscule auvent. Cocas et fantas frais apparaissent, comme par miracle. Les gamins, les femmes, puis de jeunes hommes en bleu s&#8217;assoient autour de nous, nous regardent, calmes, avares de mots, mais riches de regards. Le groupe, la lenteur, les yeux de braise, on commence à assimiler. Le désert, c&#8217;est le contraire de la solitude. Une heure et demie plus tard, on repart vers notre acacia alors que le soleil a presque disparu de l&#8217;horizon. Dans deux jours, c&#8217;est la pleine lune.</p>
<p>Encore un thé à trois temps avant de dormir.</p>
<p><strong>11 avril 2006</strong></p>
<p>Réveil à 5h30, un peu d&#8217;eau sur la figure, rangement des sacs, petit déjeuner sur la natte. Le thé, le vent ou les deux? je n&#8217;ai pas fermé l&#8217;oeil de la nuit.<br />
On part avant que les chameaux soient chargés. Ils nous rattraperont en route. On longe une barre rocheuse, dans les gorges d&#8217;un oued, on traverse des villages aux huttes en forme de dômes recouverts de feuilles de palmier. Dans un enclos, où vivent des femmes entourées d&#8217;enfants, on goûte le lait de chèvre fermenté mélangé à de l&#8217;eau sucrée. Délicieux, même si on a un peu peur de boire à cause de nos estomacs fragiles.<br />
Après trois ou quatre heures de marche, on rejoint les chameliers sous un bouquet d&#8217;acacias à proximité d&#8217;un puits caché dans le sable. Du sable soulevé par le vent, on va en manger pendant six heures, entre deux fois trois thés et quelques allers-retours au puits. La chaleur a raison de nous : finalement, à part dormir, ne pas bouger et boire du thé, que faire? Il y a bien de belles falaises alentour, mais pour les atteindre ce serait trop d&#8217;effort. Il faut revenir en hiver pour l&#8217;escalade.</p>
<p>Bivouac au pied d&#8217;une dune coulant de la falaise. La lune me fait mal aux yeux. A quatre heures du matin, les chameliers font un feu de brindilles. Leur premier thé de la journée, rien que pour eux. Les dromadaires s&#8217;approchent, lents, silencieux. La silhouette du grand chameau blanc surgit au centre de l&#8217;oued. Ahmed se lève, va vers notre guide encore endormi, lui touche le pied pour le réveiller, lui tend un verre de thé, le premier, le plus fort. Fort comme quoi déjà? Comme la vie ou comme l&#8217;amour? Je me souviens juste que le troisième est doux comme la mort. J&#8217;ai trouvé ça bizarre, &laquo;&nbsp;doux comme la mort&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>12 avril 2006</strong></p>
<p>On passe par la guelta de Tachott, puis il nous faut traverser un grand plateau caillouteux où nous croisons un troupeau de chameaux au lever du jour. Après une longue marche dans le sable de l&#8217;oued, on s&#8217;installe sous un abri rocheux qui domine le village de l&#8217;émir de l&#8217;Adrar. Arrive illico un vendeur de sodas tenus au frais dans une glacière, puis un vendeur de bijoux. En silence, il étale sur la pierre un tissu rouge sur lequel il aligne ses trésors. J&#8217;achète un pendentif et une bague, mais ça devient vite fatiguant de marchander par cette chaleur. A 16h30 Mohamed est là, chaussures aux pieds, il faut repartir. Je fais un tour sur le promontoire, au soleil, pour voir. C&#8217;est décidé, je ne marcherai pas par cette chaleur! Je suis en vacances nom d&#8217;une pipe! On gagne une petite heure.<br />
Le visage en feu, nous longeons des palmeraies bordées de riches habitations. Je me traîne à l&#8217;arrière, les jambes comme du bois, jusqu&#8217;à notre troisième bivouac, une superbe plage de sable au milieu des palmiers. Il ne manque que la mer.</p>
<p><strong>13 avril 2006</strong></p>
<p>Hier soir, c&#8217;était la pleine lune, et la fête de Mouloud, la naissance du prophète. De notre campement paradisiaque, on entendait de la musique. Le vent soufflait de plus en plus. Les chameliers ont monté la grande tente basse qu&#8217;on appelle khaïma. Après le repas, Nina a voulu aller voir d&#8217;où venait la musique. Memine, notre cuisinier, nous a accompagnées à l&#8217;auberge toute proche où des jeunes filles chantaient et jouaient du tambour sur un bidon. C&#8217;était étrange au milieu de tout ce silence.<br />
On s&#8217;est endormi à côté de la khaïma pour se réveiller brutalement à trois heures.<br />
Un vent puissant soulève le sable. On se réfugie tous sous la tente dont la toile commence à se soulever sur un côté. Le sable entre partout.<br />
A six heures, c&#8217;est Loïc qui nous réveille en chantant :<br />
&nbsp;&raquo; Le petit-déjeuner vous attend là-bas sous les arbres!&nbsp;&raquo;<br />
La tempête bat son plein. Le ciel est couleur de terre. On croirait que le jour ne s&#8217;est pas levé.<br />
Et pourtant, c&#8217;est vrai : Memine et Mohamed nous attendent, embusqués derrière un buisson, à l&#8217;abri du vent, avec la natte, le thé, le pain cuit la veille dans les braises, et le pot de nutella vanille. Je demande si ça va durer longtemps. Mohamed, toujours aussi placide, répond:<br />
- Deux heures ou trois jours, ça dépend.<br />
Et on se prépare à partir, comme d&#8217;habitude, et les chameliers enveloppés de leurs chèches chargent les chameaux, comme d&#8217;habitude. Le chèche, voilà la solution, un foulard, n&#8217;importe quoi, fera l&#8217;affaire pour les imprévoyants.<br />
Heureusement, on a le vent dans le dos pendant la montée sur le plateau qui domine la palmeraie. La tempête se calme. Peu à peu, le paysage devient vraiment magnifique, de hautes falaises érodées par le vent, le pied couvert d&#8217;éboulis, puis d&#8217;une coulée de dunes qu&#8217;on traverse à la fraîche, sans perdre de vue la silhouette bleue de Mohamed qui va toujours d&#8217;un pas égal et allongé, avec l&#8217;air de marcher au-dessus du sol. Comme un berger, il surveille ses brebis de loin, s&#8217;arrêtant toutes les 45 minutes environ à l&#8217;ombre d&#8217;un acacia pour rassembler le troupeau sans en avoir l&#8217;air ; nous annonce qu&#8217;on peut faire tout le trajet ce matin, si on veut. Tout le monde est d&#8217;accord, ouf!<br />
Arrêt définitif à la sortie de l&#8217;oued, devinez où? Sous un &#8230; acacia! Mais un très bel acacia, entouré de mesas et de falaises effritées, un acacia au tronc fourchu sur lequel on peut même s&#8217;asseoir.<br />
Mahmoud &laquo;&nbsp;moins cher que gratuit&nbsp;&raquo; arrive, installe son tapis rouge, toujours en silence, partage le repas des chameliers. Je lui achète un petit couteau dans un étui de cuir. Il a marché deux heures depuis Tirgit pour venir à la rencontre de notre petit groupe de sept touristes. La recette est maigre.<br />
On adopte la technique nomade pour rafraîchir l&#8217;eau: la verser dans un bol en alu et pencher légèrement le bol face au vent. Le soir, un chameau d&#8217;un autre campement blatère en haut de la mesa en même temps que la lune se lève. Il cherche un passage pour descendre.</p>
<p><strong>14 avril 2006</strong></p>
<p>Le réveil est plutôt tardif ce matin, et le silence à peine troublé par le blatèrement discret d&#8217;un chameau. La lune m&#8217;a encore poursuivie, toute la nuit. J&#8217;avais beau m&#8217;enfoncer de plus en plus sous la khaïma, elle continuait à me tourner autour, à me taper dans l&#8217;oeil.<br />
On marche. On ne se rend même plus compte qu&#8217;on marche : dunes, falaises, canyons, dunes, avant d&#8217;arriver au village de Tirgit. Après une courte halte chez la vendeuse de cocas tièdes, notre guide nous presse de continuer en direction du paradis.</p>
<p>Le paradis, le voilà : c&#8217;est l&#8217;oasis de Tirgit, une minuscule palmeraie coincée entre deux falaises où source d&#8217;eau pure et stalactites se sont réunies pour désaltérer les humains desséchés par le sable.<br />
Les chameaux n&#8217;y passent pas. C&#8217;est privé, et, à l&#8217;autre bout, le rocher interdit le passage des bêtes. L&#8217;impression de fraîcheur est saisissante.</p>
<p>Au milieu de l&#8217;oasis, une auberge, avec des douches, des toilettes, des boissons fraîches, des tentes où se reposer. On marche dans l&#8217;eau, le coeur dilaté, on se savonne sous le filet d&#8217;eau de la douche. L&#8217;eau est si douce que je ressors frisée comme un mouton. Des enfants courent un peu partout, regardent les touristes en tenue légère. Un peu à l&#8217;écart, des femmes font la lessive.</p>
<p>Memine a mis son draâ tout blanc. On voit passer des garçons qui se tiennent par le petit doigt. Un collègue rejoint Memine, s&#8217;installe à ses côtés, lui caresse la tête en discutant. Un autre guide vient s&#8217;étendre contre Mohamed, se fait caresser la tête à son tour en fumant une cigarette. Des gestes ordinaires, entre amis. Ils discutent paisiblement en arabe.<br />
Tout à coup la discussion s&#8217;anime du côté de l&#8217;auberge. Par contraste, on croirait presque à une engueulade. En fait, les guides parlent business : faut-il ou non laisser les gamins circuler librement dans l&#8217;oasis, au risque d&#8217;agacer les touristes?</p>
<p>On retourne au bassin. Ce matin, c&#8217;était calme. Maintenant, c&#8217;est le tour des gamins pendant que les touristes font la sieste. Des petites filles en culottes et de très jeunes garçons qui m&#8217;accueillent à grands cris, Madame, Madame! me sautent dessus, s&#8217;accrochent à moi comme une grappe. Je leur fais poser les pieds sur mes pieds et les projette dans le bassin.<br />
&laquo;&nbsp;A moi! A moi!&nbsp;&raquo;.<br />
L&#8217;eau devient tellement trouble que la peau me picote après ce bain bruyant et sablonneux.</p>
<p>L&#8217;après-midi s&#8217;écoule sans qu&#8217;on s&#8217;en rende compte. Loïc nous lit un poème de Lorand Gaspar (Sol absolu), dont voici un extrait :</p>
<p>Homme sans attaches<br />
Flâneur du mouvement éternel<br />
Renoncer à tout ce qui peut lier, entraver la marche, alourdir la charge des chameaux -<br />
vivre de peu sans mesure<br />
dans la lumière à fendre l&#8217;oeil<br />
serrant l&#8217;horizon entre les paupières<br />
le camp levé avant l&#8217;aube<br />
reprendre sa piste terminable dans le rayonnement sans terme.</p>
<p>C&#8217;est cela qu&#8217;il fallait apporter, pour mieux savourer les heures d&#8217;immobilité forcée, des recueils de poésie, ceux qu&#8217;on aimait quand on était enfant, ceux qu&#8217;on n&#8217;a jamais eu le temps de savourer, Supervielle, Michaux, Schéhadé, Bonnefoy, Saint John Perse, et pourquoi pas, Le petit Prince.<br />
On voit bien apparaître au milieu du désert des hommes, des femmes, des enfants sortant de nulle part, capables de marcher des heures pour venir à nous, pour peu qu&#8217;il y ait un puits à proximité. Alors, qu&#8217;y a-t-il d&#8217;étonnant dans l&#8217;apparition d&#8217;un gamin qui, son idée dans la tête, vous dit :  &laquo;&nbsp;Dessine-moi un mouton&nbsp;&raquo;?</p>
<p><strong>Samedi 15 avril<em> </em></strong></p>
<p>Encore une nuit ventée sur un plateau semé d&#8217;acacias noueux. Le sable est plein d&#8217;épines. C&#8217;est bizarre à force, tout ce vent et tout ce sable sans l&#8217;océan. On se dit qu&#8217;on va finir par arriver à la mer, mais la mer est à 450 kilomètres.<br />
Presque tout le monde s&#8217;installe sous la tente pour dormir. A la nuit tombée, les petits marchands arrivent. D&#8217;où sortent-ils encore? On achète une calebasse, un jeu de dés mauritanien, façon mikado et pour Nina, un de ces voiles vaporeux que portent les femmes.<br />
La palmeraie est proche. On part à 7h30, et Mohamed a pris soin de seller deux chameaux pour que nous sachions à quoi ressemble une méharée. D&#8217;abord, on y est à l&#8217;abri du vent. Ensuite, on regarde le monde de haut. Enfin, pour peu qu&#8217;on se laisse aller, on est bercé comme un bébé, au risque de s&#8217;endormir.<br />
Deux heures plus tard, on descend du plateau vers la grande palmeraie de M&#8217;Haireth, qui fait plus de dix kilomètres de long.<br />
On est accueillis à l&#8217;auberge Toun, avec piscine &#8211; réservoir surélevé rempli d&#8217;une eau un peu trouble, mais si rafraîchissante. Chemises bleues et boubous sèchent sur les buissons. J&#8217;en profite pour faire aussi une petite lessive. Repas lentilles pastèque : santé, sobriété. Mais le soir, surprise, il y aura une soupe d&#8217;orge et de mil mêlés à du lait et de l&#8217;huile d&#8217;olive, du chevreau couscous légumes et même, en dessert, une crème au chocolat mise à rafraîchir par Mohamed.<br />
Sieste. On nous installe un tuyau percé pour rafraîchir l&#8217;entrée de notre hutte. Oh le doux chuchotement de l&#8217;eau! On raconte des bêtises. Alain fait des jeux de mots. Ce soir, il nous chantera Brassens.</p>
<p>En fin d&#8217;après-midi, on se promène dans le village, escortés par deux gamins, puis trois, puis cinq ou six ; nous commentent les lieux, l&#8217;école, le dispensaire, le cimetière. La vie quotidienne: l&#8217;école de 8h00 à midi et de 15h00 à 17h00. L&#8217;été : les dattes, par cinquante degrés.<br />
&laquo;&nbsp;On peut quand même faire quelque chose à l&#8217;ombre des palmiers, dit le plus jeune en souriant, comme apprendre des poésies&#8230;&nbsp;&raquo;<br />
Ils ont les dents éclatantes de blancheur. Notre guide aussi se frotte les dents avec une branche d&#8217;acacia. C&#8217;est la brosse à dents du nomade. Il nous en cueillera une sur la route du retour.<strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Dimanche 16 avril</strong></p>
<p>Déjà dimanche. On voudrait arrêter le cours du temps.<br />
Sidi, un garçon de l&#8217;Auberge, nous emmène jusqu&#8217;à la guelta de M&#8217;Haireth qu&#8217;on découvre au sommet d&#8217;une dune. Un homme y fait sa lessive, et un beau troupeau de chèvres vient y boire. On se sent presque de trop dans le paysage. C&#8217;est vrai qu&#8217;on gêne un peu les bêtes venues se désaltérer. On rentre par l&#8217;oued dans la chaleur qui monte. Lenteur et un peu de lourdeur dans nos pas : c&#8217;est notre dernière marche. Il a fait 47 degrés à Atar hier. Température exceptionnelle pour la saison. Si on supporte ça, c&#8217;est qu&#8217;on peut revenir pour la cueillette des dattes&#8230;</p>
<p>Nous voilà de retour à l&#8217;auberge. Notre conducteur de 4&#215;4 est arrivé. Allongé sur le flanc, un pied relevé sur le genou de l&#8217;autre jambe, il discute avec Mohamed de connexion Internet haut débit, de téléphone portable (ils ont tous un portable), d&#8217;une caravane partie dans le désert pour tourner un film, avec un chameau portant la caméra, un autre les panneaux solaires pour charger les batteries, un chameau Internet&#8230; Ils sourient, secouent leur draâ bleu clair pour faire de l&#8217;aération, picorent des dattes sur le plateau. Télescopage entre deux mondes non contradictoires.</p>
<p>14h00 : c&#8217;est le départ en 4&#215;4 : la neuve, climatisée, pour les dames, la vieille pour les messieurs. Finalement, la clim, on ne pensera même pas à la réclamer.<br />
Sur la route, notre guide fait arrêter le chauffeur, s&#8217;écarte de la route en direction d&#8217;un arbre dont vous connaissez le nom. Avec son couteau, il nous taille à chacune une belle brosse à dents mauritanienne. Etonnant, après une heure d&#8217;utilisation, j&#8217;ai l&#8217;impression de sortir d&#8217;un détartrage.</p>
<p>Arrivée en milieu d&#8217;après-midi à l&#8217;Auberge El Khayma à Atar. Nema, le gérant et Madeleine, une dame de Neuchâtel, nous accueillent avec des boissons fraîches. Dans la cour, il y a quatre tentes avec moustiquaires où l&#8217;on pourra dormir ce soir. Pour l&#8217;instant, la chaleur nous oblige à nous réfugier à l&#8217;intérieur. Sensation de fraîcheur : le thermomètre indique 33 degrés&#8230;</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Lundi 17 avril</strong></p>
<p>Je regarde le jour se lever sur Atar, ou plutôt, j&#8217;entends le jour se lever. Prières, ânes, coqs, premières automobiles, la ville s&#8217;éveille d&#8217;abord aux bruits de la campagne. Dans la cour sont couchés les gens de l&#8217;Auberge, sur des grandes nattes. Ils ont des couvertures. Comme chaque matin, j&#8217;ai dû me couvrir de ma polaire une heure avant l&#8217;aube.<br />
Toujours ces gestes mesurés quand ils commencent à bouger, ce minimum de paroles qui franchissent les lèvres, comme s&#8217;il fallait économiser ses forces pour affronter la chaleur.<br />
Lenteur, que certains peuvent prendre pour de la nonchalance, mais quand on les voit marcher dans le désert, et qu&#8217;on a peine à les suivre, on comprend que c&#8217;est tout le contraire de la nonchalance, c&#8217;est un effort tendu vers la sobriété, vers l&#8217;efficacité maximale du moindre mouvement.<br />
Dire que demain, il va falloir se remettre à courir&#8230; Enfin, essayons au moins l&#8217;économie de mots et la sobriété. On a dû manger 100 grammes de viande dans la semaine et on ne s&#8217;en porte pas plus mal. Quant à l&#8217;alcool, il est proscrit en Mauritanie. L&#8217;Islam a du bon. Mais je préfère les prières silencieuses en plein désert au crachin du muezzin.</p>
<p>Notre hôtesse m&#8217;apporte un café dans une tasse en porcelaine en attendant le petit-déjeuner. Elle me parle de ce qu&#8217;elle essaie d&#8217;entreprendre pour aider les plus pauvres de la ville sans leur faire la charité: elle achète une chèvre et la prête à une femme seule avec ses enfants jusqu&#8217;à ce qu&#8217;un chevreau naisse, qu&#8217;elle récupère en remboursement de la chèvre. Elle donne alors ce chevreau à une autre famille.<br />
Elle a bien d&#8217;autres projets en tête pour agir dans cette ville où elle passe 8 mois de l&#8217;année.</p>
<p>Midi : on partage notre dernier repas : foie et bosse de chameau grillés offerts par Mohamed. Le foie est ferme et croquant comme du coeur, tandis que la bosse rappelle le goût de la moelle et de la graisse de boeuf.</p>
<p>C&#8217;est l&#8217;heure. Tristesse sur les visages. Nina et Loïc font une tête d&#8217;enterrement. Pour un peu, on se mettrait à chialer.</p>
<p>13h00, aéroport d’Atar. L&#8217;ambiance est bon enfant. Le type qui vérifie les passeports nous demande si le séjour nous a plu, si on reviendra. Je réponds :<br />
- Peut-être.<br />
- Ah, fait-il en cachant mon passeport sous le bureau, si c&#8217;est peut-être, alors je garde le passeport!<br />
On avance dans la salle d&#8217;embarquement. Quatre ventilateurs tournent. Un policier au brassard &laquo;&nbsp;Sécurité nationale&nbsp;&raquo; élève soudain la voix:<br />
- Ecoutez-moi! Tous!<br />
On s&#8217;attend à des consignes pour l&#8217;embarquement. Il poursuit :<br />
- Vous répondez par oui ou par non.<br />
Murmures d&#8217;étonnement dans les rangs. Et le voilà qui se met à beugler, façon joyeux animateur du Club Med:<br />
- C&#8217;est beau la Mauritanie?<br />
- Oui, hurle la foule des touristes.<br />
- C&#8217;est beau le désert?<br />
- Oui!<br />
- C&#8217;est un pays qui est chaud?<br />
- Oui!</p>
<p>Et nous voilà embarqués. Nina prend la dernière photo du groupe dans les lunettes de Loïc : Françoise et Alain, de Paris, Nathalie et Stéphane, de Versailles, Nina et Bénédicte, de Genève.</p>
<p><strong><em>Quelques semaines plus tard&#8230;</em></strong></p>
<p>On a encore les pieds dans le sable et la tête dans le ciel de Mauritanie. On échange nos photos sur CD. Loïc nous envoie des poésies. Bizarre. J&#8217;avais pourtant les pieds sur terre, avant. Avant, je ne savais pas, tous ces amoureux du désert, ce qu&#8217;ils y trouvaient. Marcher là ou ailleurs, quelle différence? Maintenant, je commence à comprendre : le dépouillement, la vie réduite à l&#8217;essentiel, un puits, des chameaux pour porter eau, nattes, khaïma. Quelques brindilles pour les braises, les braises pour le thé et le pain mis à cuire le soir pour le matin. Le minimum. Juste assez d&#8217;eau pour boire et se laver, le fond d&#8217;un bol, le minimum de sueur, aussitôt évaporée, et la peau n&#8217;a pas d&#8217;odeur, ou alors l&#8217;odeur minérale du sable. Le minimum de noir quand c&#8217;est la pleine lune, le minimum de jour quand c&#8217;est la nuit noire. Le minimum de mots aussi, car trop parler fatigue. Jusqu&#8217;aux simples merci qui se font rares.<br />
Sans bruit, à l&#8217;aube, Ahmed touche le pied de Mohamed et lui tend le premier verre de thé. Lenteur des mouvements, silence des déplacements dans le sable. Comme une danse sans musique. Beauté de l&#8217;épure, sans fioritures. L&#8217;élégance du bazin bleu clair brodé de fils d&#8217;or. Pourquoi d&#8217;autres couleurs quand ces deux-là résument l&#8217;air et la pierre, la lumière et le sable, le ciel et l&#8217;infini?<br />
On pourrait marcher comme ça des jours et des jours, jusqu&#8217;à brûler toute la graisse de nos corps repus, jusqu&#8217;à oublier le temps, le mois, l&#8217;année. Jusqu&#8217;à oublier, comme les nomades, l&#8217;année de sa naissance.<br />
Vivre au rythme du thé à trois temps, à mille temps. Marcher à l&#8217;aube et au crépuscule. Entre les deux, dormir, rêver, lire et écrire.</p>
<p>Bénédicte Saouter</p>
<p>Lors d&#8217;un <a href="http://www.labalaguere.com/destination-mauritanie" target="_blank">trek en Mauritanie</a><em> </em>dans le désert de l&#8217;Adrar<em> </em></p>
<p><em>Découvrez son <a href="http://mauritanie.voila.net/" target="_blank">carnet de voyage </a>avec les photos.<br />
</em></p>
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		<title>Soirées projections : septembre et octobre 2010</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Aug 2010 09:41:02 +0000</pubDate>
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<p>Pour cette occasion, nos accompagnateurs malien, mauritanien et jordanien -vous aurez l&#8217;occasion de les retrouver à vos côtés lors de vos voyages à l&#8217;étranger- sont venus spécialement pour vous rencontrer et vous faire découvrir leur pays :</p>
<blockquote><p><strong>- Moise, votre accompagnateur au Mali</strong></p>
<div id="attachment_4911" class="wp-caption aligncenter" style="width: 302px"><a href="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/08/Moise.jpg"><img class="size-medium wp-image-4911 " title="Mali Pays Dogon" src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/08/Moise-333x500.jpg" alt="" width="292" height="437" /></a><p class="wp-caption-text">photo : G. Rohart</p></div>
<p><strong>- Moichine, </strong><strong>votre accompagnateur</strong><strong> en Mauritanie</strong></p>
<div id="attachment_4912" class="wp-caption aligncenter" style="width: 316px"><a href="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/08/Moichine.jpg"><img class="size-medium wp-image-4912  " title="Moichine" src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/08/Moichine-378x500.jpg" alt="" width="306" height="405" /></a><p class="wp-caption-text">photo : P. Quennehen</p></div>
<p><strong>- Johnny, </strong><strong>votre accompagnateur </strong><strong>en Jordanie</strong></p>
<div id="attachment_4913" class="wp-caption aligncenter" style="width: 454px"><a href="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/08/Johnny.jpg"><img class="size-medium wp-image-4913  " title="Johnny" src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/08/Johnny-550x412.jpg" alt="" width="444" height="332" /></a><p class="wp-caption-text">photo : J. Bou Ghosn</p></div></blockquote>
<p>Rassurez-vous, ils parlent parfaitement français, et sauront mieux que quiconque vous présenter leur destination !</p>
<p><strong>Les soirées projections sur le thème &laquo;&nbsp;Mali, Pays Dogon&nbsp;&raquo; </strong>seront souvent accompagnées d&#8217;une présentation <strong>des Pyrénées</strong>, avec un de nos accompagnateurs spécialiste de la chaîne des Pyrénées.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Soirées gratuites</strong></span>, réservez vite votre place : <a href="mailto:julie.webmaster@labalaguere.com" target="_blank">julie.webmaster@labalaguere.com</a><strong> </strong></p>
<p><strong>Bordeaux à l&#8217;Athénée Municipal (Place Saint Christoly &#8211; centre ville) à 20h30 : </strong></p>
<ul>
<li>6 septembre 2010 : Des Pyrénées au Mali, le Pays Dogon</li>
<li>20 septembre 2010 : Mauritanie, cœur du Sahara</li>
<li>11 octobre 2010 : Secrets du Moyen-Orient : Jordanie, Egypte, Syrie et Liban</li>
</ul>
<p><strong>Lille au centre social Marcel Bertrand (54 Boulevard de Strasbourg) à 20h30 :</strong></p>
<ul>
<li>1er septembre 2010 : Des Pyrénées au Mali, le Pays Dogon</li>
<li>22 septembre 2010 : Secrets du Moyen-Orient : Jordanie, Égypte, Syrie et Liban</li>
<li>6 octobre 2010 : Mauritanie, cœur du Sahara</li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/08/affiche-lille.jpg"><img class="size-medium wp-image-4889 aligncenter" title="affiche-lille" src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/08/affiche-lille-353x500.jpg" alt="" width="302" height="428" /></a></p>
<p><strong>Louvain La Neuve au centre Placet (1, place de l&#8217;Hocaille) à 20h30 :</strong></p>
<ul>
<li>2 septembre 2010 : Des Pyrénées au Mali, le Pays Dogon</li>
<li>21 septembre 2010 : Secrets du Moyen-Orient : Jordanie, Égypte, Syrie et Liban</li>
<li>5 octobre 2010 : Mauritanie, cœur du Sahara</li>
</ul>
<p><strong>Lyon à la salle des Ovalistes (6 impasse Flesselles) à 20h30 :<br />
</strong></p>
<ul>
<li>23 septembre 2010 : Des Pyrénées au Mali, le Pays Dogon</li>
<li>29 septembre 2010 : Autour du Moyen-Orient : Jordanie, Égypte, Syrie et Liban</li>
<li>12 octobre 2010 : Mauritanie, cœur du Sahara</li>
</ul>
<p><strong>Marseille à La Cité des Associations, salle Phocéa (93, La Canebière), à 20h30</strong></p>
<ul>
<li>30 septembre 2010 : Secrets du Moyen-Orient : Jordanie, Égypte, Syrie et Liban</li>
<li>13 octobre 2010 : Mauritanie, cœur du Sahara</li>
</ul>
<p><strong>Nantes à la Maison des Syndicats, salle F (27 rue de la Prairie au Duc)</strong><strong>, à 21h</strong></p>
<ul>
<li>21 septembre 2010 : Mauritanie, cœur du Sahara</li>
</ul>
<p><strong>Pau au Complexe de la République, Salle 707 (rue Carnot) à 20h30</strong></p>
<ul>
<li>13 septembre 2010 : Des Pyrénées au Mali, le Pays Dogon</li>
<li>23 septembre 2010 : Mauritanie, cœur du Sahara</li>
<li>14 octobre 2010 : Secrets du Moyen-Orient : Jordanie, Égypte, Syrie et Liban</li>
</ul>
<p><strong>Perpignan à l&#8217;hôtel Kyriad (8 Boulevard Thomas Wilson), à 20h30</strong></p>
<ul>
<li>22 septembre 2010 : Des Pyrénées au Mali, le Pays Dogon</li>
<li>30 septembre 2010 : Mauritanie, cœur du Sahara</li>
<li>7 octobre 2010 : Secrets du Moyen-Orient : Jordanie, Égypte, Syrie et Liban</li>
</ul>
<p><strong>Tarbes à l&#8217;amphithéâtre de l’IRTH (avenue d’Azereix), à 20h30</strong></p>
<ul>
<li>16 septembre 2010 : Mali, Pays Dogon et Mauritanie, cœur du Sahara</li>
<li>4 octobre 2010 : Secrets du Moyen-Orient : Jordanie, Égypte, Syrie et Liban</li>
</ul>
<p><strong>Toulouse à la salle Duranti (6 rue du Lieutenant Colonel Pélissier), à 20h30<br />
</strong></p>
<ul>
<li>29 septembre 2010 : Mauritanie, cœur du Sahara</li>
<li>6 octobre 2010 : Secrets du Moyen-Orient : Jordanie, Égypte, Syrie et Liban</li>
</ul>
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		<title>Projections débats : Hommes et ours</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Aug 2010 12:07:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>balablog</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Salons et Festivals]]></category>
		<category><![CDATA[Altaïr Nature]]></category>
		<category><![CDATA[Débat sur l'ours]]></category>
		<category><![CDATA[ours]]></category>
		<category><![CDATA[ours pyrénées]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2009/12/festival.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Salons et Festivals" /><br/>Une tournée 2010 est organisée dans le massif pyrénéen pour présenter le film documentaire &#171;&#160;Hommes et Ours, regards croisés sur notre nature&#160;&#187;. Auteurs, réalisateurs : Emmanuel Martin &#38; Frantz Breitenbach Production : Association Altaïr Nature Durée : 30 minutes Qui est l&#8217;ours ? Pourquoi tant de débats et d&#8217;interrogations à son égard ? Les sentiments [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img src="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2009/12/festival.jpg" width="150" height="150" alt="" title="Salons et Festivals" /><br/><p>Une tournée 2010 est organisée dans le massif pyrénéen pour présenter le film documentaire &laquo;&nbsp;Hommes et Ours, regards croisés sur notre nature&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Auteurs, réalisateurs : Emmanuel Martin &amp; Frantz Breitenbach<br />
Production : Association Altaïr Nature<br />
Durée : 30 minutes</p>
<p>Qui est l&#8217;ours ? Pourquoi tant de débats et d&#8217;interrogations à son égard ? Les sentiments que l&#8217;ours inspire sont forts et les débats passionnés.</p>
<p>L&#8217;association Altaïr Nature donne la parole à toute une palette de personnages : des éleveurs et des bergers opposants ou favorables à l&#8217;ours, des touristes, des chasseurs, des naturalistes, des techniciens forestiers, des écologistes, des anthropologues, géographes et spécialistes culturels&#8230; Un film pour donner la parole, pour comprendre, et pour analyser.</p>
<p>Pour plus d&#8217;infos sur le film : <a href="mailto:contact@altair-nature.org" target="_blank">contact@altair-nature.org</a></p>
<p>En savoir + : <a href="http://www.labalablog.com/wp-content/uploads/2010/08/dossier_presse.pdf">dossier_presse</a></p>
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