Chronique d’un touriste sexuel dans les Pyrénées : le Percnoptère d’Egypte
août 27, 2009 par balablog
Avec ses 160 cm d’envergure, il s’agit du plus petit vautour présent sur les Pyrénées ouest et centrales. Il est blanc le bord de l’aile souligné d’un liseré noir. Sa tête jaune n’est pas observable à distance.
Je veux parler du Percnoptère d’Egypte

Alias « Neophron percnopterus » ou tout simplement « le perc » pour les intimes.
Votre accompagnateur n’aura pas manqué de vous le montrer pour peu qu’il vous ait survolé au cours d’une rando.
Sa particularité est d’être migrateur. Il vient nicher chez nous de mars avril à fin août début septembre.
La moralité de l’oiseau ne fait aucun doute. Le couple est fidèle à vie. Touriste sexuel n’est donc pas le bon mot.
Le titre aguicheur n’avait d’autre but que d’attirer votre attention.
C’est en Mauritanie et les falaises du pays Dogon qu’il établit ses quartiers d’hiver. Mon ami Didier Peyrusqué, grand spécialiste de l’espèce est allé l’observer là -bas et a filmé son voyage à travers l’Afrique du nord et l’Espagne, jusqu’à chez nous.
Dans nos Pyrénées, il symbolise le retour du printemps. Chez moi, les anciens le nommaient « buitre de la bugade », littéralement vautour de la lessive. Il signalait que le moment était venu de procéder à la grande lessive de printemps.
Personnellement, le premier percnoptère que je vois me remplit d’une grande joie.
L’hiver est fini et mu par un réflexe pavlovien, je fais tourner le lave-linge.
Gérard Caubet
Accompagnateur montagne et directeur de Balaguère-formation
* Autres noms
Béarnais : Marie blanque.
Basque :Â Behi bideko ematze zuria (la dame blanche du chemin des vaches) ou sai zuria (le vautour blanc).
Aragon : Voleta
Espagnol Alminoche.











Le nom béarnais de Marie Blanque était aussi celui d’une pleureuse célèbre de la vallée d’Aspe.
Jusqu’au 19 siècle, ans les Pyrénées occidentales les enterrements étaient « animés » par des pleureuses professionnelles . Il faut y voir la survivance de rites païens combattus par l’église. Sa fonction était d’exprimer au défunt ce que la communauté villageoise pensait de lui. Pas toujours du bien.
Ces femmes étaient appelées les Aurostères. Marie Blanque était une des plus demandées et la dernière en activité. Elle s’était rendu célèbre en célébrant l’ »Aurost » de son amoureux le chevalier Armand de Laclède, mort au siège de Saragosse pendant les guerres Napoléoniennes.