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Chanson sur l’ours et Interview autour de la transhumance, parole à Daniel, le berger pyrénéen

juillet 21, 2009 par balablog 

La transhumance…

Sans conteste, c’est une tradition qui est remise au goût du jour : depuis quelques années, de plus en plus de visiteurs et d’éleveurs sont au rendez-vous. Faire revivre les coutumes ancestrales, revêtir les costumes locaux, partager la culture du pastoralisme, cuisiner et profiter de la cuisine dite du terroir… Les vallées de nos Pyrénées s’animent dans une ambiance festive, et cette pratique ancestrale revoit le jour, il y a encore peu de temps fortement menacée par les transports en camions.

A La Balaguère, nous avons choisi d’interviewer

Daniel Aguillon

Peut-être avez-vous déjà entendu le son de sa voix grave au détour d’une vallée, car Daniel se plait à pousser la chansonnette !

Cet article est dédié au pastoralisme, et vous pouvez également retrouver la suite de cette interview dans un prochain dossier consacré à l’ours.

Aguillon Daniel

Bonjour Daniel, on vous écoute pour les présentations !

-Bonjour ! Eh bien voilà depuis 1977 que je suis berger… Après avoir terminé mes études, j’ai repris le troupeau et pris la relève : mes parents étaient bergers, j’ai toujours eu ça dans le sang ! C’est un grand plaisir, une passion, qui me déstresse des autres activités de l’année, et je fais aussi partie du syndicat des éleveurs du cheval breton.

-La transhumance, c’est un grand moment pour vous ! Pouvez-vous nous en expliquer davantage ?

-Bon, déjà, quand on parle de transhumance, il faut penser « trajet », « préparation ». Les bergers peuvent venir du village voisin ou de communes étrangères au département, avec les moutons, les vaches… Autrefois ils venaient de loin, de Lourdes par exemple. Mais maintenant le périmètre où les éleveurs transhument à pieds s’est réduit, on compte 5 à 10 kilomètres. Les bergers emmènent les bêtes jusqu’aux endroits qui leur ont été attribués pour une durée de 3 ou 4 mois, contre rémunération à la commune. C’est le syndicat des éleveurs de la commune qui va fixer une délimitation.

-Chaque berger va obtenir une zone de montagne délimitée pour son troupeau ?

-Oui, et il faut savoir que grâce à cette activité on peut se promener en moyenne montagne, dans les estives ! Sans ce travail il y aurait des ronces, des genets, des joncs partout, impossible de se balader !

-Comment vous faites pour garder votre troupeau dans la même zone ?

-Eh bien oui, évidemment, les bêtes ne savent pas qu’une zone leur est réservée ! Donc elles s’échappent et passent dans le secteur voisin. Mais les bergers on est tous en de bons termes, quand on retrouve une bête qui n’est pas la notre on va la garder dans le troupeau et on le fait savoir à l’éleveur concerné. Chacun a sa marque propre sur la laine, donc chaque utilisateur d’estive connait les marques des éleveurs et peut ainsi le signaler.

On reconnait des bêtes qui viennent de Dordogne des fois, du Lot et Garonne, du Pays Basque, des Pyrénées Atlantiques aussi beaucoup. Donc selon l’importance du troupeau elles peuvent se déplacer. Dans l’oreille, elles ont ce qu’on appelle leur numéro de sécurité sociale, à 8 chiffres, avec numéro du département, numéro de la commune et numéro d’exploitation.

-Cela vous arrive de dormir en montagne pour surveiller un troupeau ?

-C’est rare ! Tous les 8 ou 15 jours, on remonte pour voir où est son troupeau, et on donne aux bêtes du sel toujours au même endroit. Comme ça, celles qui sont égarées vont y revenir, elles savent que c’est là. Ça permet de les recadrer dans la zone.On dort rarement comme c’est en altitude, mais souvent on va les voir au lever du jour, elles sont en général toutes là car elles aiment dormir au même endroit, et elles se rassemblent. C’est là qu’on a le plus de chance de toutes les voir !

-Quelles sont les qualités indispensables pour être un bon berger ?

-Être un berger, alors, tout le monde peut s’en croire, mais ce n’est pas donné à tout le monde ! Il faut aimer ses bêtes, déjà, elles sont moins farouches ! Un bon berger, il doit les connaitre. C’est difficile d’avoir un troupeau homogène ! Il faut avoir le bon coup d’Å“il sur son troupeau : on n’a pas besoin de le compter, on sait que tel agneau est à telle mère, on connait leur comportement quand elles s’échappent aussi ! Et on est capable de les soigner ! Parfois on a une affection particulière envers une brebis, c’est un peu la préférée, celle qui accourt plus vite que les autres !

-Elle vous aide à guider le troupeau ?

-Oui, en général, la meneuse on l’aime bien, c’est celle à qui on va faire porter la cloche. Mais il faut qu’elle ait une bonne allure aussi, un bon port de tête ! C’est ça qui fait que la cloche va bien sonner ! La cloche est importante, elle permet de rassembler les moutons quand ils se cherchent, et le soir, grâce à elle, ils se rassemblent. Parce que l’été les moutons ils cherchent l’ombre, et se cachent derrière les rochers.

L’autre avantage de cette cloche, c’est que dans le brouillard, on sait où est son troupeau. Il faut avoir l’oreille aussi.

-En tant que berger, quels sont les doutes auxquels vous pouvez parfois faire face ?

-Les doutes, eh bien, quand on n’arrive pas à soigner une bête par exemple, on se demande pourquoi, on doute. Mais il faut persévérer et puis surtout il faut aimer ses bêtes. Mais le plus grand doute, il est apparu avec l’introduction des prédateurs dans les Pyrénées. J’ai d’ailleurs fait plusieurs chansons ! Je vous en chante une ?

Comme nous avons un ours près de la maison, j’ai écrit cette chanson sur Sarouse :

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Commentaires

3 Commentaires pour “Chanson sur l’ours et Interview autour de la transhumance, parole à Daniel, le berger pyrénéen”

  1. Louis en juillet 21st, 2009 19:37

    On peut retrouver toutes les chansons sur l’ours ici http://www.pyrenees-pireneus.com/OURS-Chants.htm notamment toutes celles de Daniel avec les paroles.

  2. gérard caubet en août 12th, 2009 9:45

    la transhumance est nécessité économique. Elle exerce un attrait important sur le touriste. Le risque de folklorisation est important et l’on voit fleurir de ci de là nombreuses transhumances qui n’ont d’autre but que de créer un évènement.
    J’habite en vallée d’Ossau où la transhumance est un moment fort de la vie pastorale. Vers le 10 juillet (la date change chaque année) tous les paysans montent leur troupeaux à la montagne. Malgré toutes les tentatives pour en faire un évènement les bergers freinent des 4 fers.
    Il y aussi la transhumance de la vallée de Vio Buerba. Des milliers de moutons montent de la palien vers Cuello Arenas au peid du mont perdu.
    dans le même secteur il y a l’étonante transhumance de la vallée d’Ossoue au dessus de Gavarnei. Ici les vaches espagnoles de la vallée de Viu traversent la frontière au col de la Bernatoire. En vertu de traités ancestraux, les espagnols sont autorisés à faire pacager leur bête en France durant un mois. Puis elles retournent chez elles par le même chemin.
    Gérard

  3. Interview d’un berger du Val d’Azun : une prise de position radicale : La Balablog, l’espace Voyageurs de Balaguère Voyages en septembre 7th, 2009 12:18

    [...] Ecouter la chanson en accédant au dossier sur la transhumance [...]

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